La soif de liberté des Iraniens en exil Iran
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La soif de liberté des Iraniens en exil



 
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Doni
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Mar 23 Mai, 2006 9:17 am     La soif de liberté des Iraniens en exil

Citation:
Si les Iraniens exilés en Europe vivent au sein de communautés hétérogènes, ils sont unanimes pour affirmer que l'Iran doit accéder à la liberté et au respect des droits de l'homme. Par des moyens pacifiques.


Les oeuvres de Parastou Rorouhar évoquent la violation des droits de l'homme (Parastou Forouhar) Berlin, Wilmersdorf. Dans le quartier ouest et chic de la capitale allemande, une épicerie iranienne propose à ses clients du pain, du riz, des pistaches mais aussi des dattes et des épices fraîches. On y trouve de la musique et quelques livres en provenance d'Iran. Qui franchit le pas de la porte achète des délices persans et fait un brin de causette, entre plaisanteries et banalités. Ici, tout le monde se connaît.

Quelques rues plus loin, dans la librairie orientale Hedayat, Abbas Maroufi, l'un des écrivains les plus renommés d'Iran, est assis à une table, le téléphone à l'oreille. En Iran, son magazine Garduhn (Firmament) est devenu un contre-pouvoir important après la Révolution iranienne de 1979. Cependant, ses articles critiquant le système lui ont attiré les foudres gouvernementales. Maroufi a été condamné à une peine de prison et à des coups de fouet. Depuis, il a quitté l'Iran et s’est exilé en Allemagne. Selon lui, il est inacceptable que Téhéran acquière des armes nucléaires tant que le non-respect des droits de l'homme règne dans le pays. Certains de ses compatriotes sont d’accord avec lui. En avril dernier, vingt Iraniens exilés se sont même enchaînés aux grilles de l’ambassade iranienne à Berlin, scandant « Pas de puissance nucléaire pour l’Iran ! »

Environ 120 000 citoyens iraniens vivent outre-Rhin. Beaucoup ont quitté l’Iran lorsque la Révolution de 1979 a éclaté. Cependant, il n’existe pas à Berlin d’enclave iranienne ni de quartier purement persan. Dans le reste de l’Europe non plus. Les Iraniens semblent s’être parfaitement intégrés au continent pour une raison évidente : l’existence de communautés iraniennes fortement hétérogènes. Certes, il existe de nombreuses organisations à vocation culturelle ou regroupant des réfugiés et des associations politiques qui attirent les adhérents au régime ou les opposants. Parmi les Iraniens en exil, des médecins, ingénieurs ou entrepreneurs mais aussi des artistes.

Abbas Maroufi fait partie de cette dernière catégorie. Il explique qu’il est avant tout écrivain, même s’il a une opinion précise sur la situation en Iran. Dans son magasin, ou trouve une large collection d’ouvrages reliés et de livres illustrés, dont ceux de poètes iraniens connus, à l'instar de Rumî mais aussi des bandes dessinées « Persepolis » de Marjane Satrapi. « Persepolis » d'ailleurs raconte l'histoire de son auteur : une jeune fille subit l’oppression des mollahs et est envoyée en Autriche à l’âge de 14 ans afin d’échapper à la guerre entre l’Iran et l’Irak. L’héroïne rentre ensuite dans son pays mais le quitte définitivement à 18 ans : sa soif de liberté est trop grande. Aujourd’hui, les illustrations de cette artiste qui vit à Paris, sont connues dans le monde entier. Elle dessine pour Libération et le New York Times. Sa compatriote, l’artiste conceptuelle Parastou Forouhar, qui vit à Francfort, a également été victime de la violation des droits de l’homme en Iran. Ses parents, tous deux opposants politiques, ont été assassinés en 1998. Dans ses œuvres, Forouhar souligne l’importance du combat pour la liberté dans son pays et la lutte pour les droits des femmes.

L’ennemi Ahmadinejad

Le nouveau Président Ahmadinejad qui défie la communauté internationale avec son programme nucléaire et réclame l’anéantissement d’Israël reste un cauchemar aux yeux de la plupart des Iraniens en exil. « Et dire que ce minable représente notre beau pays », s’indigne Forouhar. Bahman Nirumand lui le formule cela de manière plus élégante mais le message est le même. Ce publiciste renommé a récemment écrit dans le magazine politique allemand Cicero qu’Ahmadinejad est un chef d’état imprévisible « avec des idées totalement radicales, bien loin de la réalité, politiquement inexpérimenté et inculte ». Abdolhassan Bani Sadr, le premier Président de la République islamique exilé en France, va encore plus loin dans sa critique. Lors une récente interview télévisée, il a carrèment déclaré qu'Ahmadinejad a pris part à l'assassinat d'hommes politiques iraniens en exil, en sa qualité de membre des services secrets de la Garde révolutionnaire.

La politique de l'Union européenne est également sévèrement critiquée. Bahman Nirumand est convaincu que les problèmes de discrimination envers les femmes et la censure en Iran auraient dû figurer au cœur de la politique extérieure de l’Union de ces dernières années. En avril dernier, pendant la 'Marche de Pâques' à Berlin, Nirumand a reproché aux gouvernements occidentaux de vouloir juste sanctionner l'Iran en raison de l'opacité de son programme nucléaire. Selon lui, si les manquements évidents à la démocratie n'avaient pas été tolérés si longtemps, « la société civile iranienne n’en serait pas aussi loin aujourd’hui ».

Pas d’Irak bis

A Londres, la résistance contre Ahmadinejad se relaye sur Internet. Peu après les élections présidentielles, l'écrivain et journaliste Maryam Namazie écrit sur son blog «les neufs raisons de dire que les élections présidentielles sont une infamie.» Namezie utilise précisément son travail d’information du public pour soutenir les droits de l’homme. Sur son journal web, elle dénonce les arrestations d’opposants et de journalistes en Iran. Cependant, elle refuse catégoriquement l’idée d’une deuxième intervention militaire. Il ne doit pas y avoir de « deuxième Irak », écrit-elle. Elle n’hésite pas à s’adresser directement au secrétaire d’Etat à la défense américain, Donald Rumsfeld : « si quelqu’un peut apporter la liberté, l’égalité et la prospérité à l’Iran, ce n’est certainement pas vous mais seulement le mouvement révolutionnaire qui combat pour la chute de République islamique. » Le journaliste germano-iranien Navid Kermani, dans un article pour le Süddeutsche Zeitung a également signalé les risques d’une attaque sur l’Iran : cela ne ferait que renforcer le régime des mollahs. Et lors de son discours prononcé à l’occasion de la marche de Pâques, Bahman Nirumand a déclaré : « Pas de nouvelle guerre dans le Golfe, pas de guerre contre l’Iran ! »

La situation reste donc tendue. Le Président Ahmadinejad a annoncé qu’il se rendrait en Allemagne en juin prochain à l’occasion de la Coupe du Monde de football, à laquelle participe l’équipe nationale d’Iran. Sa présence est pourtant indésirable à Berlin, pour la communauté juive comme pour celle des Iraniens en exil. Le président de la Ligue de défense des droits de l’homme en Iran, Mahmoud Rafi, a exprimé clairement sa position : « si Ahmadinejad se rend effectivement en Allemagne en juin, il est clair que cela entraînera des vagues massives de protestations. »
Maryam Schumacher - Berlin - 22.5.2006 | Traduction : Blandine Proust


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Khabalou
Invité









Mer 24 Mai, 2006 12:26 pm    

tellement libre qu'ils en perdent leur tete et ce qu'il ya dedans .

Kaveh21
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Ven 09 Juin, 2006 4:01 pm    

J'ai l'impression que Khabalou soutient fermement la théocratie des mollahs... Si c'est le cas je suis en désaccord complet avec toi...

Par contre, tout a fait aligné avec le texte de Doni qui ne parlent malhereusement que des iraniens en exil qui ne sont pas, malgré tout, représentatif des iraniens en Iran...

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Kaveh


Amidiran
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Ven 09 Juin, 2006 5:56 pm    

Doni a écrit:
Citation:
Si les Iraniens exilés en Europe vivent au sein de communautés hétérogènes, ils sont unanimes pour affirmer que l'Iran doit accéder à la liberté et au respect des droits de l'homme. Par des moyens pacifiques.


Les oeuvres de Parastou Rorouhar évoquent la violation des droits de l'homme (Parastou Forouhar) Berlin, Wilmersdorf. Dans le quartier ouest et chic de la capitale allemande, une épicerie iranienne propose à ses clients du pain, du riz, des pistaches mais aussi des dattes et des épices fraîches. On y trouve de la musique et quelques livres en provenance d'Iran. Qui franchit le pas de la porte achète des délices persans et fait un brin de causette, entre plaisanteries et banalités. Ici, tout le monde se connaît.

Quelques rues plus loin, dans la librairie orientale Hedayat, Abbas Maroufi, l'un des écrivains les plus renommés d'Iran, est assis à une table, le téléphone à l'oreille. En Iran, son magazine Garduhn (Firmament) est devenu un contre-pouvoir important après la Révolution iranienne de 1979. Cependant, ses articles critiquant le système lui ont attiré les foudres gouvernementales. Maroufi a été condamné à une peine de prison et à des coups de fouet. Depuis, il a quitté l'Iran et s’est exilé en Allemagne. Selon lui, il est inacceptable que Téhéran acquière des armes nucléaires tant que le non-respect des droits de l'homme règne dans le pays. Certains de ses compatriotes sont d’accord avec lui. En avril dernier, vingt Iraniens exilés se sont même enchaînés aux grilles de l’ambassade iranienne à Berlin, scandant « Pas de puissance nucléaire pour l’Iran ! »

Environ 120 000 citoyens iraniens vivent outre-Rhin. Beaucoup ont quitté l’Iran lorsque la Révolution de 1979 a éclaté. Cependant, il n’existe pas à Berlin d’enclave iranienne ni de quartier purement persan. Dans le reste de l’Europe non plus. Les Iraniens semblent s’être parfaitement intégrés au continent pour une raison évidente : l’existence de communautés iraniennes fortement hétérogènes. Certes, il existe de nombreuses organisations à vocation culturelle ou regroupant des réfugiés et des associations politiques qui attirent les adhérents au régime ou les opposants. Parmi les Iraniens en exil, des médecins, ingénieurs ou entrepreneurs mais aussi des artistes.

Abbas Maroufi fait partie de cette dernière catégorie. Il explique qu’il est avant tout écrivain, même s’il a une opinion précise sur la situation en Iran. Dans son magasin, ou trouve une large collection d’ouvrages reliés et de livres illustrés, dont ceux de poètes iraniens connus, à l'instar de Rumî mais aussi des bandes dessinées « Persepolis » de Marjane Satrapi. « Persepolis » d'ailleurs raconte l'histoire de son auteur : une jeune fille subit l’oppression des mollahs et est envoyée en Autriche à l’âge de 14 ans afin d’échapper à la guerre entre l’Iran et l’Irak. L’héroïne rentre ensuite dans son pays mais le quitte définitivement à 18 ans : sa soif de liberté est trop grande. Aujourd’hui, les illustrations de cette artiste qui vit à Paris, sont connues dans le monde entier. Elle dessine pour Libération et le New York Times. Sa compatriote, l’artiste conceptuelle Parastou Forouhar, qui vit à Francfort, a également été victime de la violation des droits de l’homme en Iran. Ses parents, tous deux opposants politiques, ont été assassinés en 1998. Dans ses œuvres, Forouhar souligne l’importance du combat pour la liberté dans son pays et la lutte pour les droits des femmes.

L’ennemi Ahmadinejad

Le nouveau Président Ahmadinejad qui défie la communauté internationale avec son programme nucléaire et réclame l’anéantissement d’Israël reste un cauchemar aux yeux de la plupart des Iraniens en exil. « Et dire que ce minable représente notre beau pays », s’indigne Forouhar. Bahman Nirumand lui le formule cela de manière plus élégante mais le message est le même. Ce publiciste renommé a récemment écrit dans le magazine politique allemand Cicero qu’Ahmadinejad est un chef d’état imprévisible « avec des idées totalement radicales, bien loin de la réalité, politiquement inexpérimenté et inculte ». Abdolhassan Bani Sadr, le premier Président de la République islamique exilé en France, va encore plus loin dans sa critique. Lors une récente interview télévisée, il a carrèment déclaré qu'Ahmadinejad a pris part à l'assassinat d'hommes politiques iraniens en exil, en sa qualité de membre des services secrets de la Garde révolutionnaire.

La politique de l'Union européenne est également sévèrement critiquée. Bahman Nirumand est convaincu que les problèmes de discrimination envers les femmes et la censure en Iran auraient dû figurer au cœur de la politique extérieure de l’Union de ces dernières années. En avril dernier, pendant la 'Marche de Pâques' à Berlin, Nirumand a reproché aux gouvernements occidentaux de vouloir juste sanctionner l'Iran en raison de l'opacité de son programme nucléaire. Selon lui, si les manquements évidents à la démocratie n'avaient pas été tolérés si longtemps, « la société civile iranienne n’en serait pas aussi loin aujourd’hui ».

Pas d’Irak bis

A Londres, la résistance contre Ahmadinejad se relaye sur Internet. Peu après les élections présidentielles, l'écrivain et journaliste Maryam Namazie écrit sur son blog «les neufs raisons de dire que les élections présidentielles sont une infamie.» Namezie utilise précisément son travail d’information du public pour soutenir les droits de l’homme. Sur son journal web, elle dénonce les arrestations d’opposants et de journalistes en Iran. Cependant, elle refuse catégoriquement l’idée d’une deuxième intervention militaire. Il ne doit pas y avoir de « deuxième Irak », écrit-elle. Elle n’hésite pas à s’adresser directement au secrétaire d’Etat à la défense américain, Donald Rumsfeld : « si quelqu’un peut apporter la liberté, l’égalité et la prospérité à l’Iran, ce n’est certainement pas vous mais seulement le mouvement révolutionnaire qui combat pour la chute de République islamique. » Le journaliste germano-iranien Navid Kermani, dans un article pour le Süddeutsche Zeitung a également signalé les risques d’une attaque sur l’Iran : cela ne ferait que renforcer le régime des mollahs. Et lors de son discours prononcé à l’occasion de la marche de Pâques, Bahman Nirumand a déclaré : « Pas de nouvelle guerre dans le Golfe, pas de guerre contre l’Iran ! »

La situation reste donc tendue. Le Président Ahmadinejad a annoncé qu’il se rendrait en Allemagne en juin prochain à l’occasion de la Coupe du Monde de football, à laquelle participe l’équipe nationale d’Iran. Sa présence est pourtant indésirable à Berlin, pour la communauté juive comme pour celle des Iraniens en exil. Le président de la Ligue de défense des droits de l’homme en Iran, Mahmoud Rafi, a exprimé clairement sa position : « si Ahmadinejad se rend effectivement en Allemagne en juin, il est clair que cela entraînera des vagues massives de protestations. »
Maryam Schumacher - Berlin - 22.5.2006 | Traduction : Blandine Proust


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Oui! Mais en réponse, d'autres font des choix différents:

Citation:


« Si les Etats-Unis attaquent l’Iran, je me battrai pour défendre mon pays »
Mohammed Hossein est un étudiant iranien expatrié au Royaume-Uni. Il apprécie la vie londonienne et désapprouve Mahmoud Ahmadinejad, tout en soulignant la force du patriotisme iranien.
L'ancienne ambassade américaine à Téhéran (Bertil Videt) Mohammad Hossein, 23 ans, a grandi à Téhéran où il a obtenu un Master en administration publique. En septembre 2005, il quitte pour la première fois son pays natal et part s'installer au Royaume-Uni où il poursuit actuellement des études à la London School of Economics (LSE).

Pourquoi avoir choisi de venir vivre au Royaume-Uni ?
Je suis venu à Londres pour élargir mon horizon et découvrir une autre culture. Même si pour le moment je ne peux pas retourner dans mon pays car je suis censé y faire mon service militaire, je ne me considère pas comme un réfugié politique. Je suis parti, non pas parce que j'y ai été contraint, mais parce que mon souhait le plus cher était de voyager et d'étudier à l'étranger.

Que vous apporte votre expérience anglo-saxonne ?
La vie ici est une source réelle d’enrichissement. Il s'agit de mon premier voyage en Occident mais je n'ai pas ressenti de « choc culturel » car internet m’avait auparavant permis de m’ouvrir au monde. Le web avait influencé ma manière d’appréhender les sociétés occidentales puisque j’avais déjà l’impression de connaître les lieux alors même que je n’y avais jamais mis les pieds. Londres est une ville vraiment étonnante et c’est son caractère cosmopolite qui la rend si spéciale. Les gens sont fiers d’appartenir à une communauté et la ville est riche de toutes les nationalités et les cultures qui la composent. C’est exactement ce que je recherchais en venant ici.

Comment expliquez-vous qu'un ultra-conservateur tel que Mahmoud Ahmadinejad ait pu remporter les élections présidentielles iraniennes de 2005 ?
Le candidat modéré Akbar Hashemi Rafsanjani est présent depuis trop longtemps sur la scène politique. Il a été Président de 1989 à 1997. Il est donc normal que le peuple iranien n’ait pas vu en lui l’homme capable de changer les choses. Il ne faut pas oublier non plus que l’Iran a traversé plusieurs années de crise et s’est vu infliger de lourdes sanctions économiques qui n’ont pas été sans conséquences sur l’économie du pays et sa population. C’est dans ce contexte qu’a pu être élu Mahmoud Ahmadinejad. Populiste, simple, il a su jouer de ses atouts lors de la campagne électorale et ses arguments ont convaincu un grand nombre d’électeurs. Si l’on prend en compte les années d’ingérence hostile occidentale en Iran, on comprend que les discours emplis de haine d’Ahmadinejad ne sont que le reflet des sentiments de beaucoup d’Iraniens à l’égard de leurs agresseurs. Les modérés eux-mêmes en viennent à penser que c’est en raison de cet historique tumultueux qu’un ultraconservateur a pu être élu à la tête du pays. Pour ma part, même si j’aurais préféré voir Rafsanjani réélu, je peux comprendre le ras-le-bol du peuple.

Vous êtes aujourd’hui plongé dans un environnement multiculturel, quel est votre sentiment face aux déclarations du Président Ahmadinejad concernant Israël ?
Je pense que le discours du Président résulte d’un calcul politique. En 1979, alors qu’il était le leader de la révolution islamique, l’Ayatollah Khomeini avait déjà eu des mots très durs à l’égard d’Israël. Ahmadinejad suit tout simplement la voie tracée par Khomeini. Il exprime en fait une opinion traditionaliste très répandue parmi les Iraniens qui affirme que les Occidentaux ont imposé aux pays islamiques la présence d’Israël et que les Israéliens doivent à présent quitter leurs terres. La stratégie d’Ahmadinejad me paraît contre-productive et nuit à la réputation de l’Iran dans le monde. En revanche, d’un point de vue politique, ses revendications sont fondées puisqu’elles trouvent un écho auprès d'une grande partie de la population.

Pensez-vous qu’il faille permettre à l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ?
Je pense que le développement du nucléaire civil est un droit souverain inhérent à la République d’Iran. Le but de Téhéran n’est pas d’acquérir l’arme nucléaire dans une optique militaire mais plutôt de façon préventive.
Il est hypocrite de la part de l’Occident d’invoquer le Traité de non-prolifération (TNP) pour justifier son refus de voir l’Iran relancer son programme nucléaire. Trop d’exceptions ont été faites par le passé : je ne parle pas seulement d’Israël mais aussi du Pakistan et de l’Inde. Pour être honnête, la crise actuelle n’a strictement rien à voir avec tout cela. Il s’agit d’une question de principe. C’est le droit de l’Iran de rester seul maître de son avenir qui est en jeu. Les Iraniens sont persuadés que si le gouvernement cède sur le dossier du nucléaire, alors l’ingérence des Etats-Unis se manifestera dans d’autres domaines. Au vu de tout ce qui s’est déjà produit, cela est parfaitement inacceptable.

Au cours des deux dernières années, l’Union européenne, et plus particulièrement le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, a tenté de trouver un compromis. Que pensez-vous des efforts déployés par les diplomates européens ?
J’admets que leurs efforts pour aider mon pays à enrayer la crise qu’il traverse sont les bienvenus, toutefois je ne pense pas qu’il faille réellement compter dessus. La situation présente n’est que la suite logique de 20 années de relations houleuses entre les Etats-Unis et l’Iran. Ce n’est pas l’Union européenne qui trouvera la solution à un problème qui, selon moi, ne concerne que les Etats-Unis et la République iranienne et que eux seuls peuvent régler.

Que feriez-vous dans le cas d’une intervention militaire en Iran ?
Prix Nobel de la paix en 2003, Shirin Ebadi a été la première femme à devenir juge en Iran en 1974. Elle a récemment déclaré qu’elle retournerait défendre son pays s’il était attaqué, en dépit de son mépris pour le gouvernement d’Ahmadinejad. J’agirais exactement de la même façon. Bien que je n’approuve pas la politique d’Ahmadinejad, je rentrerais immédiatement faire mon service militaire. Personne ne devrait sous-estimer la force du patriotisme du peuple iranien. Plus l’Occident fera pression sur l’Iran, plus les Iraniens se rangeront derrière leurs leaders.



http://www.cafebabel.com/fr/article.asp?T=T&Id=6936




 

 
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