Hérédité selon la biologiste iranienne Minoo Rassoulzadegan Iran
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Hérédité selon la biologiste iranienne Minoo Rassoulzadegan



 
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Dim 04 Juin, 2006 10:00 pm     Hérédité selon la biologiste iranienne Minoo Rassoulzadegan

Nice Matin Du 4/6/2006

Citation:
Comme dans la chanson c'est une histoire de souris (pas vertes) à prendre par la queue. Couleur « brun rosée » pour un animal normal. Ou tachetée de blanc et, pour tout dire, dépigmentée pour un animal mutant.
Jusque-là pas de quoi trop s'étonner. Sauf si une biologiste moléculaire réputée telle Minoo Rassoulzadegan entre dans la danse. Avec son équipe de l'unité INSERM de « génétique du développement normal et pathologique » de la fac des sciences à Nice-Valrose. Résultats ? La mise au jour d'intrigantes « anomalies ». Pour finir par reconsidérer toute la question de l'hérédité biologique. Dont la clé de voûte semblait tenir, depuis plus d'un demi-siècle, dans le fameux code génétique en forme de chaîne de molécules baptisé « ADN ». Un article tout récent dans la bible des scientifiques, la revue anglaise Nature, met en lumière une formidable découverte déjà unanimement saluée par ses pairs (voir encadré).
De la Caspienne à la Méditerranée
L'hérédité ? A vrai dire, la vie même de cette Iranienne d'origine pourrait tourner autour de ce thème. Native de Téhéran, c'est sur les bords de la mer Caspienne qu'elle décroche le bac avant de partir pour la France au début des années 70. " Un départ pour des raisons strictement professionnelles explique-t-elle, mais, bien sûr, cela avait aussi à voir avec ma vie privée ». En effet. Fiancée dès l'âge de 15 ans -« mais sans contrainte aucune de la part de ma famille » -Minoo épouse à 18 ans un jeune biologiste ayant fait ses études au lycée français de Téhéran et trouvant un premier emploi à la base océanologique de Villefranche-sur-mer. Elle suit son mari. Se prépare à la naissance d'un enfant. Et passe son premier examen à la fac de Valrose à la veille de mettre au monde son bébé. « Quelle pé¬riode! C'était très difficile. Je ne parlais pas un mot de français avant de venir ici ». Elle en sourit maintenant. Comme elle se souvient des tartines de caviar que, gamine, elle dégustait au goûter en Iran. « Nous n’étions pas riches. Mais mon père, venu d'URSS, travaillait dans une société commercialisant les œufs d'esturgeon. Il nous en apportait... » Les premières années à Nice c'est plutôt le temps des vaches maigres. Mais elle s'accroche. Est éblouie par les cours de Michel Lazdunski, François Cuzin ou Jean Cachon.
14 ans loin de l'Iran
Le retour dans son pays natal? Il avait pourtant été envisagé d'emblée avec job espéré dans la pétrochimie. Mais voilà : « le virus de la recherche a fondu sur moi ». Cours à New York et surtout séminaire au célèbre MIT de Boston avec le Prix Nobel David Baltimore. A Nice elle crée avec François Cuzin un labo de transgénèse d'où sortiront les premières souris transgéniques en France. La nostalgie de l'Iran? Un sujet qui, visiblement, la... gêne! Athée, bien qu'élevée dans la tradition musulmane, elle ne retournera que 14 ans plus tard dans son pays. Ayant acquis la nationalité française, directeur de re¬cherche au CNRS, elle a fait de la Côte d'Azur sa patrie d'adoption. Y pratique le kayak en mer. Sport qui la conduira ce dimanche à parcourir les célèbres canaux de Venise. Passion des ramifications, quand tu nous tiens!


Parallèlement à l'illustre Darwin, GrégorMendet peut être considéré au XIXe siècle comme le savant ayant mis au point les règles de l'hérédité. En particulier en étudiant les transmissions de caractères chez le pois. Observations au terme desquelles, après maintes analyses, on a compris que les enfants n'héritent pas systématiquement de tout le « patrimoine génétique » laissé par l'un ou l'autre de leurs parents. Ces caractères sont codés par des gènes dont chacun hérite de deux versions, l'une apportée par le spermatozoïde l'autre par l'ovule. Mais, évidemment, il y a des cas encore plus compliqués. Minoo Rassoulzadegan et son équipe de l'unité niçoise INSERM 636 ont étudié l'expression du gène KIT qui code une protéine essentielle dans diverses voies de différenciation chez les souris, en particulier dans la formation des melanocytes responsables de la coloration des poils. Pourquoi l'extrémité de la queue de certaines souris sauvages était blanche alors que cela n'aurait pas dû être le cas étant donné le patrimoine génétique de leur ascendant? Un état dit « paramuté » traduisant une accumulation inhabituelle d'ARN et non plus seulement d'ADN. De quoi amener les chercheurs niçois à examiner, à partir de plusieurs techniques, les spermatozoïdes des mâles paramutés. Un phénomène qui, pour Minoo Rassoulzadegan, « laisse supposer qu'on a jusqu'ici sous-estimé t'influence d'autres facteurs ». Bref, ce que les scientifiques appellent l'épigénétîque a aussi son mot à dire. Jusqu'à quel point? Trop tôt pour tout envisager. Mais cette découverte peut avoir, à terme, des effets importants pour expliquer certaines maladies. En connaissant mieux les mécanismes de développement, par exemple, d'une cellule tumorale, on pourra peut-être trouver les thérapies adaptées. Mais on n'en est pas encore là. Pas de faux espoir pour l'heure...


Et ben !!
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