Le projet iranien qui sauverait la paix, par Xavier Houzel Iran
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Le projet iranien qui sauverait la paix, par Xavier Houzel



 
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Ven 17 Nov, 2006 9:11 am     Le projet iranien qui sauverait la paix, par Xavier Houzel

LE MONDE | 16.11.06 | 14h02 • Mis à jour le 16.11.06 | 14h02
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téhéran tient les fils d'une immense toile d'araignée tissée à partir des marches de la Chine jusqu'aux bords de la Méditerranée ; et l'Iran garde le détroit d'Ormuz, comme Charon le Styx. Un scénario de cauchemar serait l'alliance entre les Gardiens de la révolution iranienne et les éléments les plus radicaux de l'armée pakistanaise et de l'ISI (services de renseignement). Que Washington le veuille ou non, le djihad aurait alors sa bombe.



Ce risque est une bonne raison pour reconstruire une relation avec l'Iran sur des fondements de confiance. Ce pays a traversé assez d'épreuves en trente ans pour que ses dirigeants puissent faire preuve de sagesse, ce qu'ils se tuent à vouloir démontrer. Ils ne sont pas les seuls, après tout, à tester des missiles sans tête ! Or les Occidentaux persistent à soupçonner le programme nucléaire iranien de viser à fabriquer la bombe. Soyons clairs : le corps du délit est constitué par deux batteries de centrifugeuses d'un autre âge. C'est comme avec l'Irak et les armes de destruction massive. Le danger nucléaire iranien sert à la fois d'épouvantail et d'alibi.

La question est de savoir pourquoi les Américains se raidissent, dès qu'on leur parle de l'Iran. Il y a certes le souvenir des otages de leur ambassade à Téhéran, en novembre 1979. Il y a aussi le pétrole et le détroit d'Ormuz. Mais il y a surtout le fait que la Perse soit depuis la nuit des temps le lieu d'échange des idées, des biens et des services entre l'Est et l'Ouest, et entre le Nord et le Sud.

Le carrefour stratégique se situe dans la province iranienne de l'Arvend, autrement dit le Chatt Al-Arab, partie de l'estuaire commun du Tigre et de l'Euphrate. C'est aussi le site du plus gros gisement de brut encore intact (les îles de Majnoun) à cheval sur la frontière avec l'Irak. La réalité, c'est qu'après l'Europe, la Chine, l'Inde et le Brésil, c'est autour de l'Iran d'émerger de l'histoire et de la géographie, au grand dam du "Nouveau Monde", qui l'avait oublié.

Il s'agit maintenant pour les Iraniens de méditer les célèbres paroles de Renan sur l'Egypte de l'isthme de Suez : "Quand on a un rôle touchant aux intérêts généraux de l'humanité, on y est toujours sacrifié. Une terre qui importe à ce point au reste du monde ne saurait s'appartenir à elle-même : elle est neutralisée au profit de l'humanité, le principe national y est tué. (...) L'exploitation rationnelle et scientifique du monde tournera sans cesse vers cette étrange vallée ses regards curieux, avides et attentifs." A ce titre, l'Iran, qui est le berceau à la fois d'Avicenne et d'Omar Khayyam, n'a pas tort de vouloir préserver l'avenir de la planète en rationnant chez lui l'usage des hydrocarbures fossiles dont il est dépositaire des réserves. On oublie cet aspect exemplaire de l'attitude iranienne sur le nucléaire civil.

C'est dans cet esprit que l'Iran, qui dispose, sur ses vastes étendues, de gisements d'uranium, entend inviter un consortium à l'aider à traiter ce minerai sur son propre territoire. N'oublions pas que Téhéran dispose toujours d'un siège d'administrateur dans Eurodif (entreprise qui produit à elle seule 25 % de la consommation mondiale d'uranium enrichi et qui a été créée en 1973 par cinq pays : France, Belgique, Italie, Espagne et Suède, cette dernière ayant cédé sa place à l'Iran).

Pour donner à ses partenaires les garanties objectives qu'ils attendent, il conviendrait que l'Iran constitue une structure d'accueil convenant à une universalité d'intérêts étrangers. Or, en consacrant récemment par décret comme zone franche internationale, non seulement une partie de cette province frontalière et bénie de l'Arvend, mais aussi l'île de Qeshm, près de Bandar-e-Abbas au large du détroit d'Ormuz, le président Ahmadinejad a peut-être trouvé la solution au problème.

Par ce moyen, il pourrait satisfaire de futurs partenaires étrangers, fournisseurs et clients disposés à investir en Iran. Ces sites seraient tout à fait indiqués pour abriter de surcroît le siège d'autres activités à vocation collective. L'Arvend pourrait abriter un terminal relié par oléoduc à la mer Caspienne, un port en eaux profondes à partager avec l'Irak, un aéroport international et surtout les immenses entrepôts dont l'Irak a aussi besoin pour se reconstruire. L'île de Qeshm, placée également à l'entrée du golfe Arabo-Persique, donnerait des gages de sécurité comparables à ceux de Gibraltar. Dans les deux cas, la région se trouverait métamorphosée, changée de pomme de discorde en havre de paix.

Pour qu'un tel projet se concrétise, il ne resterait plus qu'à faire preuve de pédagogie. Or la France est toute désignée pour ce rôle, à partir du moment où l'on songe inévitablement à la formule de Suez. Nous sommes en plein génie français. A l'origine, au milieu du XIXe siècle, le canal lui-même, s'il fait bien partie du territoire égyptien, est effectivement doté d'un statut international assurant, au profit de toutes les nations et sans discrimination entre elles, le libre usage de l'ouvrage. Ainsi s'était réalisé le programme dont Mohamed Saïd avait fait part à Napoléon III, dans une lettre de décembre 1854, au lendemain de leur acte de concession.

Le vice-roi soulignait ce que signifiait pour lui la qualification d'universelle donnée à la compagnie : "Pénétré de cette vérité que tous les hommes sont frères et mû par le désir d'être utile à tous les peuples, j'ai formé le projet de réunir la Méditerranée à la mer Rouge par un canal de navigation et de confier l'exécution de cette grande oeuvre à une compagnie universelle.

J'ose espérer, Sire, que Votre Majesté dont la haute sollicitude s'étend à toutes les entreprises qui peuvent contribuer au bien-être de l'humanité daignera donner son approbation à un projet dont la réalisation ouvrira un nouveau débouché au commerce et à l'industrie de toutes les nations d'Europe."

Cent cinquante ans après, par consentement mutuel des deux parties, le gouvernement iranien et un consortium international ne pourront pas faire mieux, ni moins bien, que leurs devanciers de Suez. Les Russes seront les bienvenus, et même les Egyptiens ! L'acte de concession et les statuts de la société locale, filiale d'Eurodif, qui lui seraient annexés, donneraient à cette "compagnie universelle" un statut de société anonyme, mais avec la qualité de société iranienne, donc avec la même physionomie originale que la Compagnie universelle du canal maritime de Suez. La compagnie aurait son siège en Iran, mais elle serait constituée en France, où elle aurait son siège administratif et serait société étrangère.

Nul doute qu'à l'instant même d'un accord de principe sur un schéma de ce genre, les autorités iraniennes suspendraient d'elles-mêmes les tests en cours près d'Ispahan (Natanz). Le déménagement pourrait commencer dès le lendemain. Gageons que les Américains seraient les premiers à plébisciter cette solution. Ils savent que la reconstruction de l'Irak ne se fera pas sans l'ordre régional et l'exemple communicatif du voisin iranien, et qu'autrement ce ne sera plus seulement la haine et la colère, mais un cataclysme à l'échelon mondial.

Jamais, depuis cinquante ans, le danger n'a été aussi grand d'une conflagration, tellement les foyers allumés sont actuellement nombreux dans la région. Puissent le Congrès américain s'en rendre compte et les diplomates scribes de New York se raviser à temps !



Saghi
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Sam 18 Nov, 2006 7:00 pm    

c'est pas très claire cet artircle.

les intégristes de l'armée pakistanaises ne sont pas très amis avec les gardiens chiîtes de la révolution et l'armée pakistanaise a déjà sa bombe.

L'ile de Qeshm est la zone franche depuis le temps de Rafsanjani, alors quel est le rôle d'Ahmadi Nejad la dedans?
Depuis quand et quelle partie du département "Khuzestan" (où coule la fleuve Arvand rud) est devenue zone franche?
Qu'est-ce qu'il veulent transporter avec l'oléoduc de la mer Caspienne jus qu'à Arvand rud? quel rapport avec de l'Uranium?
Qui dans le gouvernement français a donnée ou bin est prêt à donner de tels propositions à la République islamique?
Quel activité aurait une société multi nationale, avec la partenariat de l'Eurodif, dans une zone pétrolière?!





 

 
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