Le paradoxe Chiite Iran
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Le paradoxe Chiite



 
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Wakhi
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Jeu 07 Déc, 2006 11:04 am     Le paradoxe Chiite

Voici un article interessant d'Alexandre ADLER

Le Figaro 02/12

Citation:

Tout le Moyen-Orient en parle : nous assisterions à l’émergence d’une vaste puissance régionale à base chiite. Celle-ci, s’appuyant sur l’État islamique iranien, s’étendrait à présent sur le nouvel Irak créé par l’intervention américaine, se prolongerait dans une Syrie qui demeure entre les mains des 12 % de ses habitants qui appartiennent à la secte alaouite, pour aboutir sur les flots de la Méditerranée avec un Liban très fortement conditionné par le Hezbollah. On peut même ajouter à l’énumération l’émirat de Bahreïn, où la majorité chiite vient de remporter des élections libres avec un score écrasant, et l’Afghanistan lui-même, qui, quoique massivement sunnite, regarde tout de même, en ce qui concerne les Tadjiks du regretté Massoud, à tout le moins, vers leurs cousins persans de l’autre côté de la frontière. Si l’on combine cet ensemble géopolitique en voie d’homogénéisation au passage de l’Iran au stade nucléaire, voilà que nous nous trouverions en présence de la premiè!
re véritable superpuissancemusulmane en voie de coagulation. Or rien n’est plus faux que cette addition hâtive. Dans une sorte de théorème d’incomplétude, on pourrait en effet avancer l’idée exactement inverse : plus la réalité chiite s’affirme de manière identitaire, et plus l’hypothèse d’un axe chiite se dissipe. Inversement, plus l’offensive iranienne se dépouille de son identité chiite initiale, et plus elle devient intenable pour la grande majorité des Irakiens et des Iraniens eux-mêmes. Examinons donc de plus près ce paradoxe. Les deux éléments les plus dynamiques du mouvement chiite arabe se trouvent au Liban et en Irak. En ce moment même, le Hezbollah libanais proclame haut et fort son alliance avec les sunnites radicaux liés historiquement à la confrérie des Frères musulmans, et tout particulièrement le Hamas palestinien. À l’inverse, les équivalents irakiens du Hezbollah se distinguent en ce moment même par des actes de cruauté indiscriminée envers la minorité sun!
nite. Un tel grand écart est-il tenable ? Non.
Il faut d’ailleurs comprendre que la visée initiale des hommes de Sadr, à Bagdad, avait été de faire cause commune avec al- Qaida et les intégristes sunnites. La violence illimitée des hommes de Zarqaoui, poussés dans cette voie par leurs soutiens financiers saoudiens et pakistanais, les en a empêchés aussi efficacement que les manoeuvres d’isolement menées avec succès par l’aile majoritaire de la communauté chiite irakienne, toujours fidèle au grand ayatollah Sistani. C’est très paradoxalement pour se dédouaner des accusations de collusion avec les anciens baasistes, dont le père Sadr fut très longtemps le dévoué serviteur, que son fils fait aujourd’hui couler tant de sang innocent. Il reste que le chiisme irakien entend demeurer au pouvoir, que le chiisme iranien le soutient très majoritairement et que les élites communautaires des deux pays frères savent pertinemment qu’elles ont besoin d’un arrangement minimal avec les États-Unis. MaisWashington, qui tient ici enfin une !
carte forte du jeu, ne tolérera pas bien longtemps le maintien des tueurs de Sadr au gouvernement et dans les nouvelles forces armées. Parvenus à ce point, on peut se demander où se trouvent les véritables intérêts syriens ? Damas est écartelé entre son désir de bloquer lemouvement national et démocratique du peuple libanais dont la contagion sur son territoire est, à terme, inévitable, et ledésirde maintenir une alliance iranienne économiquement indispensable en l’état actuel. Or, chaque jour qui passe augmente le mécontentement de la majorité sunnite, rejointe par un bon million de ses coreligionnaires irakiens qui fuient la guerre civile. Si la Syrie, en reconnaissant le gouvernement Malaki à Bagdad, a fait un pas incontestable en direction des États-Unis mais aussi des pragmatiques de Téhéran, d’autres, probablement tapis au coeur de son système militaropolicier, se sont arrangés pour aller dans le sens contraire, avec l’assassinat de Pierre Gemayel. Or il semble que le!
gouvernement iranien actuel, en dehors d’Ahmadinejad évidemment, n’as
sure, au Liban, qu’un service minimum aux intérêts syriens en conseillant au Hezbollah la voie de la manifestation pacifique plutôt que celle d’une guerre civile.
On aura compris qu’une fois de plus les deux mêmes logiques s’affrontent sur tout l’axe Beyrouth-Damas-Téhéran. Ahmadinejad et ses acolytes ont toujours voulu l’entente avec les Frères musulmans sunnites et al-Qaida. Ils n’y sont toujours pas parvenus. Les véritables représentants intellectuels et moraux du chiisme ne veulent ni d’un renoncement de leur identité théologique ni d’un affrontement apocalyptique avec les États-Unis, mais au contraire une défaite de l’intégrisme sunnite qui passe par un compromis historique au Liban et une fédéralisation de l’Irak, lesquels équivalent à un rapprochement total avec les États-Unis. Il ne manque tout juste pour cela que l’esquisse d’un compromis acceptable en matière nucléaire qu’avait avancé, avant sa démission, l’ayatollah Rouhani, et le renversement kissingérien de la politique iranienne aura fait justice de ses rêves excessifs. La situation y gagnera en lisibilité, mais il y aura quelques mauvais perdants, notamment en Syrie. C’!
est aujourd’hui, à Damas, qu’aboutissent toutes les tensions et toutes les contradictions de la région. Pour combien de temps ?


Amidiran
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Jeu 07 Déc, 2006 4:41 pm    

Wakhi a écrit:
Voici un article interessant d'Alexandre ADLER

Le Figaro 02/12

Citation:

Tout le Moyen-Orient en parle : nous assisterions à l’émergence d’une vaste puissance régionale à base chiite. Celle-ci, s’appuyant sur l’État islamique iranien, s’étendrait à présent sur le nouvel Irak créé par l’intervention américaine, se prolongerait dans une Syrie qui demeure entre les mains des 12 % de ses habitants qui appartiennent à la secte alaouite, pour aboutir sur les flots de la Méditerranée avec un Liban très fortement conditionné par le Hezbollah. On peut même ajouter à l’énumération l’émirat de Bahreïn, où la majorité chiite vient de remporter des élections libres avec un score écrasant, et l’Afghanistan lui-même, qui, quoique massivement sunnite, regarde tout de même, en ce qui concerne les Tadjiks du regretté Massoud, à tout le moins, vers leurs cousins persans de l’autre côté de la frontière. Si l’on combine cet ensemble géopolitique en voie d’homogénéisation au passage de l’Iran au stade nucléaire, voilà que nous nous trouverions en présence de la premiè!
re véritable superpuissancemusulmane en voie de coagulation. Or rien n’est plus faux que cette addition hâtive. Dans une sorte de théorème d’incomplétude, on pourrait en effet avancer l’idée exactement inverse : plus la réalité chiite s’affirme de manière identitaire, et plus l’hypothèse d’un axe chiite se dissipe. Inversement, plus l’offensive iranienne se dépouille de son identité chiite initiale, et plus elle devient intenable pour la grande majorité des Irakiens et des Iraniens eux-mêmes. Examinons donc de plus près ce paradoxe. Les deux éléments les plus dynamiques du mouvement chiite arabe se trouvent au Liban et en Irak. En ce moment même, le Hezbollah libanais proclame haut et fort son alliance avec les sunnites radicaux liés historiquement à la confrérie des Frères musulmans, et tout particulièrement le Hamas palestinien. À l’inverse, les équivalents irakiens du Hezbollah se distinguent en ce moment même par des actes de cruauté indiscriminée envers la minorité sun!
nite. Un tel grand écart est-il tenable ? Non.
Il faut d’ailleurs comprendre que la visée initiale des hommes de Sadr, à Bagdad, avait été de faire cause commune avec al- Qaida et les intégristes sunnites. La violence illimitée des hommes de Zarqaoui, poussés dans cette voie par leurs soutiens financiers saoudiens et pakistanais, les en a empêchés aussi efficacement que les manoeuvres d’isolement menées avec succès par l’aile majoritaire de la communauté chiite irakienne, toujours fidèle au grand ayatollah Sistani. C’est très paradoxalement pour se dédouaner des accusations de collusion avec les anciens baasistes, dont le père Sadr fut très longtemps le dévoué serviteur, que son fils fait aujourd’hui couler tant de sang innocent. Il reste que le chiisme irakien entend demeurer au pouvoir, que le chiisme iranien le soutient très majoritairement et que les élites communautaires des deux pays frères savent pertinemment qu’elles ont besoin d’un arrangement minimal avec les États-Unis. MaisWashington, qui tient ici enfin une !
carte forte du jeu, ne tolérera pas bien longtemps le maintien des tueurs de Sadr au gouvernement et dans les nouvelles forces armées. Parvenus à ce point, on peut se demander où se trouvent les véritables intérêts syriens ? Damas est écartelé entre son désir de bloquer lemouvement national et démocratique du peuple libanais dont la contagion sur son territoire est, à terme, inévitable, et ledésirde maintenir une alliance iranienne économiquement indispensable en l’état actuel. Or, chaque jour qui passe augmente le mécontentement de la majorité sunnite, rejointe par un bon million de ses coreligionnaires irakiens qui fuient la guerre civile. Si la Syrie, en reconnaissant le gouvernement Malaki à Bagdad, a fait un pas incontestable en direction des États-Unis mais aussi des pragmatiques de Téhéran, d’autres, probablement tapis au coeur de son système militaropolicier, se sont arrangés pour aller dans le sens contraire, avec l’assassinat de Pierre Gemayel. Or il semble que le!
gouvernement iranien actuel, en dehors d’Ahmadinejad évidemment, n’as
sure, au Liban, qu’un service minimum aux intérêts syriens en conseillant au Hezbollah la voie de la manifestation pacifique plutôt que celle d’une guerre civile.
On aura compris qu’une fois de plus les deux mêmes logiques s’affrontent sur tout l’axe Beyrouth-Damas-Té©héran. Ahmadinejad et ses acolytes ont toujours voulu l’entente avec les Frères musulmans sunnites et al-Qaida. Ils n’y sont toujours pas parvenus. Les véritables représentants intellectuels et moraux du chiisme ne veulent ni d’un renoncement de leur identité théologique ni d’un affrontement apocalyptique avec les États-Unis, mais au contraire une défaite de l’intégrisme sunnite qui passe par un compromis historique au Liban et une fédéralisation de l’Irak, lesquels équivalent à un rapprochement total avec les États-Unis. Il ne manque tout juste pour cela que l’esquisse d’un compromis acceptable en matière nucléaire qu’avait avancé, avant sa démission, l’ayatollah Rouhani, et le renversement kissingérien de la politique iranienne aura fait justice de ses rêves excessifs. La situation y gagnera en lisibilité, mais il y aura quelques mauvais perdants, notamment en Syrie. C’!
est aujourd’hui, à Damas, qu’aboutissent toutes les tensions et toutes les contradictions de la région. Pour combien de temps ?


Vous savez ce que pense Iran-resit du fat A. Adler?

http://www.iran-resist.org/article2043

MAis il faut surtout vendre ses papiers!

PS: la réponse, je la donne en vitesse car mon épouse est en train de me presser pour sortir!


Dorood
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Jeu 07 Déc, 2006 7:49 pm    

le gros Adler c la couveuse de theories sur papier. Son embonpoint l'empechant d'etre un veritable journaliste, ce n'est qu'un ecrivain, il peut blablater des heures sur le moyen orient sans que rien de ce quil dise ne colle à la realité.

Fardad
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Sam 09 Déc, 2006 4:41 pm    

Dorood et Amidiran étaient sur une barque, lequel des deux tomba à l'eau? Les deux la courone du Shah pesait trop lourd Wink Laughing

Plus sérieusement, j'aurais besoin de papier toilette, Amidiran tu m'imprimes une page de iran-resist.org s'il te plait?

Plus sérieusement l'article est intéressant.



Dernière édition par Fardad le Sam 09 Déc, 2006 5:10 pm; édité 1 fois

Amidiran
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Sam 09 Déc, 2006 4:48 pm    

Mazandarani a écrit:
Dorood et Amidiran étaient sur une barque, lequel des deux tomba à l'eau? Les deux la courone du Shah pesait trop lourd Wink Laughing

Plus sérieusement, j'aurais besoin de papier toilette, Amidiran tu m'imprimes une page de iran-resist.org s'il te plait.

Plus sérieusement l'article est intéressant.


Lequel?

Celui d'Iran-Résist ou celui d'Adler?


Fardad
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Sam 09 Déc, 2006 4:53 pm    

Amidiran a écrit:
Mazandarani a écrit:
Dorood et Amidiran étaient sur une barque, lequel des deux tomba à l'eau? Les deux la courone du Shah pesait trop lourd Wink Laughing

Plus sérieusement, j'aurais besoin de papier toilette, Amidiran tu m'imprimes une page de iran-resist.org s'il te plait.

Plus sérieusement l'article est intéressant.


Lequel?

Celui d'Iran-Résist ou celui d'Adler?


Amidiran
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Sam 09 Déc, 2006 5:17 pm    

Mazandarani a écrit:
Amidiran a écrit:
Mazandarani a écrit:
Dorood et Amidiran étaient sur une barque, lequel des deux tomba à l'eau? Les deux la courone du Shah pesait trop lourd Wink Laughing

Plus sérieusement, j'aurais besoin de papier toilette, Amidiran tu m'imprimes une page de iran-resist.org s'il te plait.

Plus sérieusement l'article est intéressant.


Lequel?

Celui d'Iran-Résist ou celui d'Adler?


Ok! Ok! Compris! Idea

Je l'avais bien lu, mais parfois, on peut se demander si il n'y a pas de moqueries derrière certains propos!

Effectivement, l'article d'A. Adler montre la complexité de cette politique orientale. On pourrait la qualifier, je crois, de byzantine. Un chat n'y retrouverait pas ses petits. C'est une partie de poker-menteur.


PS: au sujet de la couronne du Shah, je n'ai aucune envie de la porter. Elle semble avoir été trop lourde pour Mohammad Reza Pahlavi qui était trop seul à vouloir la maintenir sur sa tête. Je suis persuadé qu'il avait de bonnes idées, et c'est probablement une tâche qu'aurait peut-être mieux accompli Réza Khan, son père, lequel n'a quand même été qu'un jouet aux mains de l'Occident. Ce qui montre encore et toujours que la force fait loi!




 

 
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