Iran / Israël, ratissage dans le monde musulman Iran
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Iran / Israël, ratissage dans le monde musulman



 
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Peyman
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Sam 05 Nov, 2005 9:08 pm     Iran / Israël, ratissage dans le monde musulman

Citation:
En attaquant Israël, ce sont, bien sûr, les Etats-Unis que le président iranien provoque

Lorsque Mahmoud Ahmadinejad, président de la République islamique d'Iran, proclame qu'il faut « rayer de la carte du monde » l'Etat d'Israël, reconnu souverain depuis 1948 par l'Organisation des Nations unies, il a évidemment plusieurs objectifs. Il prend la tête d'une croisade qui, si l'on en juge par les dernières manifestations antisémites dans le lointain Caucase, ne peut laisser indifférents des millions de musulmans. Etat théologique, la république musulmane fondée par l'ayatollah Khomeini s'est toujours voulue le guide de la dernière idéologie conquérante des temps modernes : l'islam, ou plutôt l'islamisme.
Le président iranien peut désormais se prétendre en avance sur Oussama Ben Laden - probablement jugé trop arabe et trop sunnite -, en attendant que ce dernier ne se livre à une surenchère qui ne saurait tarder. Son défi ne relève pourtant pas seulement d'une inspiration religieuse. Il tente très habilement de récupérer la lutte de tous les mouvements islamistes radicaux propalestiniens dans le monde arabe (Hamas, Djihad islamique ou Hezbollah), affaiblis par les actuelles difficultés de Bachar al-Assad et par la légitimité reconnue de Mahmoud Abbas. Il n'est pas indifférent que le rappel de ces thèmes ait eu lieu dans le cadre d'une conférence sur « Le monde sans le sionisme » et se termine sur un appel à détruire Israël - « usurpateur de la terre sainte arabe » -, qui a pour allié le monde occidental et avant tout les Etats-Unis. En effet, c'est à eux que s'adresse d'abord la provocation du président iranien. D'abord ou en même temps. Car, pour la plupart des nations, il y a désormais une entité géopolitique israélo-américaine.
L'initiative iranienne peut être très payante dans le monde musulman puisque l'antiaméricanisme continue d'y prospérer. Elle est bien calculée dans la mesure où elle traduit aussi la volonté du régime islamiste de ne pas céder aux injonctions qui lui sont faites de renoncer à se doter d'une industrie nucléaire à des fins militaires. Les Iraniens vont sans aucun doute parler à nouveau de la détention par Israël d'une force atomique et nous allons donc entrer dans une zone de vraies turbulences. Il va maintenant falloir surveiller la façon dont les pays arabes, musulmans ou, plus généralement, antiaméricains, se rallieront ou non au leadership belliqueusement religieux de l'Iran.
Il est indécent ou déplacé de dire, lorsqu'un malheur arrive, qu'on l'avait prévu. D'ailleurs, qui pouvait anticiper la victoire des radicaux iraniens, la stratégie de leur nouveau gouvernement et le caractère agressif de ses proclamations ? Il reste que nous avons peut-être prêté plus d'attention que d'autres à ce que j'ai appelé la théologisationdu conflit au Proche-Orient. Ce conflit a lentement abandonné le terrain politique, provincial et même continental pour opposer deux conceptions de la religion et de l'Histoire. Et il se trouve qu'il y a de chaque côté des deux conceptions, dans le monde, des milliards d'hommes - musulmans, juifs, chrétiens - que l'on peut sensibiliser au destin de la Terre sainte ou promise en lui donnant toutes les dimensions du sacré.
Les Israéliens et les Palestiniens n'ont pas compris la puissance explosive de leur conflit dès qu'il cessait d'être uniquement politique. Les premiers, intoxiqués par leurs diasporas, ont eu tendance à tout expliquer par l'antisémitisme ; les seconds, à voir partout des héritiers du colonialisme. Quant aux Américains, notamment dans les sphères activistes des évangéliques, ils ont, apprentis sorciers, montré qu'ils ne comprenaient rien à l'histoire du Proche-Orient. Tardivement mais profondément, Itzhak Rabin, lui, avait tout compris, peut-être parce qu'il avait été ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis. A son époque, on entendait volontiers à Washington des diplomates de tout bord déclarer : « Jérusalem est probablement aujourd'hui la seule cause possible d'une éventuelle guerre mondiale. »
Le nouvel Observateur





 

 
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