Pary
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| Sam 03 Fév, 2007 3:23 pm L'Iran commence à s'inquiéter des sanctions internationales |
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Samedi 3 février 2007
lesechos.fr
L'Iran commence à s'inquiéter des sanctions internationales
En raison des craintes suscitées par les sanctions internationales et de la situation économique très dégradée, les dissensions apparaissent au grand jour au sein d'un régime islamique qui s'apprête à fêter ses vingt-huit ans.
Isolement international, pauvreté et chômage sont les cadeaux d'anniversaire de la république islamique d'Iran, qui fête à partir d'aujourd'hui ses vingt-huit ans. Les festivités culmineront avec l'annonce, le 11 février, par le président Mahmoud Ahmadinejad d'une avancée « spectaculaire » dans le programme nucléaire. Ce programme est présenté comme purement civil, mais soupçonné, depuis la révélation en 2002 de l'existence de sites secrets, de permettre la production d'armes nucléaires, en contradiction avec le traité de non-prolifération, signé par Téhéran. Ce qui a conduit le Conseil de sécurité de l'ONU à adopter à Noël la résolution 1737 instaurant des sanctions commerciales contre l'Iran.
Dérives de gestion
Ces sanctions, au demeurant modestes puisqu'elles n'interdisent que la vente d'équipements associés à de l'enrichissement d'uranium, commencent à avoir quelques effets. Depuis une semaine, les banques iraniennes n'effectuent plus de virements en dollars vers l'étranger, de crainte d'une saisie de ces avoirs. Crainte légalement injustifiées aujourd'hui, mais compréhensibles puisque le Conseil de sécurité doit envisager, à partir du 23 février, un durcissement des sanctions. Les réserves en devises de l'Iran dans les banques étrangères se montent à environ 52 milliards de dollars. Washington a interdit en septembre toute transaction avec la banque Saderat et, début janvier, avec la Sepah, la deuxième du pays, soupçonnées de financer l'achat de missiles balistiques. Washington a demandé récemment à l'Europe et à la Russie d'isoler davantage Téhéran, mais Bruxelles n'est pas prêt à interdire aux banques européennes de travailler en Iran. Ce climat pèse sur bien d'autres transactions puisque, selon un connaisseur des questions bilatérales, les entreprises françaises commerçant avec l'Iran se plaignent de voir les banques rechigner à leur accorder des crédits export depuis quelque temps.
A Téhéran, les milieux d'affaires commencent à s'inquiéter. Mais, souligne Azadeh Kian-Thiébaut, chercheuse au CNRS, davantage que les sanctions, ce qui semble susciter des dissensions désormais au grand jour et creuser un fossé entre Mahmoud Ahmadinejad et les classes moyennes, voire les classes populaires, très déçues des promesses non tenues en matière de pauvreté ou de corruption, ce sont les dérives de la gestion économique du pouvoir et la gabegie actuelle. Pour financer allocations aux démunis et chantiers, essentiellement routiers, explique Thierry Coville, spécialiste de l'Iran, le président aurait siphonné une dizaine de milliards de dollars du fonds de précaution alimenté depuis quatre ans par un prix du pétrole plus élevé que l'hypothèse retenue lors de la préparation du budget. Les dépenses prévues pour 2006 ont d'ailleurs été dépassées... dès fin août.
Rationnement de l'essence
La planche à billets nourrit une inflation estimée à 20 %. A Téhéran, une des villes les plus chères du monde, les prix de l'immobilier flambent depuis quelques semaines. Il se dit que la fuite de capitaux, surtout vers Dubaï, s'est accélérée et que l'investissement est au point mort, compte tenu de la menace, très improbable, d'un raid américain contre les installations nucléaires. Presque la moitié des jeunes sont sans emploi. La Bourse stagne alors qu'elle devrait être dopée par le haut prix d'un pétrole qui représente la moitié du PNB. Et le ministre de l'Intérieur a annoncé un rationnement de l'essence à partir de mars : l'Iran, quatrième producteur mondial d'or noir, doit importer 40 % des 70 millions de litres d'essence qu'il consomme quotidiennement, faute de capacités de raffinage.
Ce marasme suscite des critiques de plus en plus vives tant de la presse officielle que de dirigeants conservateurs, à l'image de l'ayatollah Rafsandjani, qui met en doute quasi quotidiennement la compétence d'Ahmadinejad. Ce dernier a d'ailleurs subi une déroute fin décembre aux élections municipales et à l'élection du Conseil des experts, une institution religieuse importante du régime. Reste à savoir si le « guide » suprême et maître réel du pays, l'ayatollah Ali Khamenei, que l'on dit très irrité par Ahmadinejad, va intervenir au grand jour.
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