Des cinéastes contre la violence conjugale Iran
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Des cinéastes contre la violence conjugale



 
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Comiran
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Jeu 08 Mar, 2007 12:05 pm     Des cinéastes contre la violence conjugale

Des cinéastes se mobilisent contre la violence conjugale en France

Emmanuelle Millet, initiatrice du projet «Dix films pour en parler».

En France, une femme sur dix est victime de violence conjugale. Une femme en meurt tous les trois jours. A l'initiative de la jeune réalisatrice Emmanuelle Millet, un groupe de cinéastes - parmi lesquels Patrice Leconte, Zabou Breitman, Coline Serreau – s'est mobilisé contre ce fléau en montrant une collection de dix courts-métrages préventifs et pédagogiques sur ce sujet tabou.

Une série de courts-métrages choc intitulée Dix films pour en parler révèle sans concession ni détour la violence vécue au quotidien par une femme sur dix en France. L’une d’entre elles meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, selon des statistiques officielles. Mais ces chiffres sont probablement sous-évalués, surtout pour les cas de décès. «On n'y comptabilise pas celles qui se suicident. On ne parle pas non plus des femmes qui tombent dans la déchéance la plus totale et qui se réfugient dans l'alcool ou dans la drogue pour tenir le coup», estime Emmanuelle Millet, à l'origine du projet.

«L'idée de ces films est née de ma colère au moment de la mort de l'actrice Marie Trintignant [battue à mort en juillet 2003 par son compagnon, le chanteur Bertrand Cantat]. J'ai alors été frappée de découvrir l'étendue et les dégâts de la violence conjugale en France. Cette forme de violence s'avère difficile à appréhender. Elle n'est pas visible, car les agressions ont lieu en huis clos», explique la jeune réalisatrice.

Son film montre, dans le ventre de sa mère, un fœtus victime tout autant qu'elle des coups portés par le conjoint. «Il me semblait important d'exposer la violence là où on ne l'imagine pas», dit-elle. Et d'ajouter : «J'espère également sensibiliser les générations à venir afin que jamais nos filles et nos petites filles ne connaissent ce type de violence».
La honte et le tabou

La violence conjugale reste encore un sujet tabou parce qu'elle dérange et met à jour un échec amoureux. La femme battue a honte et n'ose pas en parler. Elle risque aussi de se heurter à un mur d'incompréhensions, voire d'être accusée de «l'avoir cherché». Briser le silence relève donc d'une tentative bien délicate pour la victime, car l'agresseur est la personne avec qui elle partage sa vie, celle à qui elle tient peut-être le plus au monde. Elle a elle-même du mal à comprendre ces sévices. Elle «prend souvent sur elle» et va en général faire des efforts pour que son couple fonctionne, à tel point qu'elle finit par s'oublier. C'est en s'oubliant qu'elle perd son identité, et qu'elle se perd elle-même.

Autre film fort en émotion : celui de Laurence Ferreira Barbosa, qui conduit le spectateur dans une salle d'autopsie où repose le corps d'une femme battue à mort par l'homme avec qui elle vivait. Le médecin légiste décrit à son assistante des lésions fréquemment relevées dans ce genre de crime : «ecchymoses multiples, fracture du nez, boîte crânienne enfoncée, abrasions cutanées... ongles retournées : elle a tenté de s'accrocher à tout»…

Bruno Podalydes choisit, quant à lui, de mettre en image les dessins d'un enfant qui raconte en voix off que son papa a donné des coups de poing à sa maman dans la voiture... par amour. «Papa dit toujours des mots gentils à maman après l'avoir tapée». La violence, devenue ordinaire dans certains couples, laisse une cicatrice profonde pour les enfants qui assistent impuissants au drame. Dépassés par la situation, ils se sentent coupables et restent discrets, comme s'ils en étaient eux-mêmes victimes. D'ailleurs, les enfants témoins de violences conjugales ont une probabilité plus grande de devenir eux-mêmes violents à l'égard de leur partenaire à l'âge adulte.
Les hommes auteurs de coups et blessures à l'encontre de leur compagne demeurent, eux, muets, entretenant ainsi le silence qui règne autour de ce fléau qui touche tous les milieux sociaux.

Le respect d'autrui comme remède

Patrice Leconte, l'un des dix cinéastes ayant participé au projet.

«Je ne sais pas pourquoi ni comment de tels agissements qui remontent à l'âge des cavernes peuvent encore rester secrets au XXIe siècle», s'insurge Patrice Leconte dont le film met en avant la solitude et la honte des femmes battues. «Les hommes qui frappent leur femme continuent à mener une vie normale. Les victimes, elles, font comme si de rien était. Cela m'échappe. J'en suis effaré et anéanti». Le réalisateur invite le public à s'ouvrir et à être vigilant sur le monde qui l'entoure. «La société, telle qu'elle s'organise aujourd'hui, nous pousse de plus en plus à nous replier sur nous-mêmes. Nous ne pensons qu'à notre petit nombril. Or, parmi des gens que nous croisons tous les jours, il y a des femmes battues, des enfants mal traités, des sans domiciles fixes. Je pense qu'il faut à la base changer notre comportement personnel vis-à-vis non seulement des femmes battues mais aussi envers autrui. Le respect de l'autre permet aux problèmes de s'estomper». Avec son court-métrage, Patrice Leconte affirme ne pas prétendre changer le monde, mais espère «juste le rendre un peu meilleur».

Les personnages dans cette collection de courts-métrages, d'une durée comprise entre une minute trente à trois minutes, sont des comédiens inconnus afin de répondre à un souci de crédibilité. Tous les réalisateurs se sont engagés bénévolement. Produits par Les Films du Poisson avec un petit budget et l'aide de la chaîne Arte, la diffusion des Dix films pour en parler est prévue à partir du printemps 2007 dans les salles de cinéma, en avant-programme de longs-métrages. A la fin de chaque court-métrage sera inscrit à l'écran un numéro de téléphone, divulgué dans les prochains jours, accompagné du slogan : «En parler, c'est déjà agir».


par Kèoprasith Souvannavong



Maryam
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Sam 10 Mar, 2007 3:59 pm    

Comiran Djon merci




 

 
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