Comiran
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| Jeu 22 Mar, 2007 6:58 pm Corruption en marge d'un contrat gazier en Iran |
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jeudi 22 mars 2007, 17h00
Le patron de Total présenté au juge Courroye
PARIS (Reuters) - Christophe de Margerie, directeur général de Total, a été présenté au juge financier Philippe Courroye en vue de son éventuelle mise en examen dans une enquête sur des soupçons de corruption en marge d'un contrat gazier en Iran, apprend-on de source judiciaire.
A l'issue d'une journée et d'une nuit de garde à vue à la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), dans le XIIIe arrondissement, il a été transféré au pôle financier du palais de justice, à bord d'une voiture de police.
Le patron de la première société française et quatrième groupe pétrolier mondial, qui est assisté de son avocat, Me Emmanuel Rosenfeld, a nié par avance toute malversation dans ce dossier ouvert en décembre 2006 pour "corruption d'agents publics étrangers et abus de biens sociaux".
Il peut choisir de s'expliquer complètement devant le juge ou repousser ses explications à une audition ultérieure.
Dans la nuit, deux cadres de la société, le directeur financier Robert Castaigne et le directeur général du secteur gaz-électricité Philippe Boisseau, ainsi que deux ex-cadres de Total ont été libérés après une journée d'interrogatoire.
Aucune charge n'a été retenue contre eux. Total nie les accusations et soutient ses collaborateurs.
L'enquête porte sur des versements présumés de fonds occultes à des officiels iraniens en marge d'un contrat d'exploitation de gaz sur le site de South Pars signé en 1997.
MARGERIE DEJA EN EXAMEN
L'information judiciaire contre "X" pour "abus de biens sociaux et corruption d'agents publics étrangers" a été ouverte après une dénonciation de la justice suisse.
Le champ gazier offshore de South Pars, situé à 100 km des côtes iraniennes, a été construit au prix de très lourds investissements. Il est partagé entre Total, le malaisien Petronas et le russe Gazprom.
Christophe de Margerie, 55 ans, est entré dans le groupe en 1974 et a succédé à la mi-février à Thierry Desmarest à la tête du géant pétrolier. A l'époque des faits, il était directeur de la société pour le Moyen-Orient.
La procédure visant l'Iran fait suite à la découverte de 95 millions de francs suisses (environ 60 millions d'euros) versés par une entité liée à Total sur les comptes bancaires suisses d'un résident suisse d'origine iranienne, censé avoir servi d'intermédiaire pour la corruption.
Les paiements se sont échelonnés jusqu'en 2003, trois ans après la signature par la France d'une convention internationale contre la corruption, qui s'applique donc aux faits.
La justice suisse, qui a saisi les derniers versements (environ 10 millions de francs suisses), a ouvert sa propre enquête et transmis des documents à la France, dont un relatif à une procédure judiciaire norvégienne.
Ce document fait apparaître comme possible acteur de la corruption le nom du fils d'un homme d'Etat iranien, a dit à Reuters un haut magistrat français.
Christophe de Margerie a déjà été mis en examen l'an dernier, après deux jours de garde à vue à la police, dans une affaire similaire portant sur l'Irak de Saddam Hussein, pour "complicité de corruption et complicité d'abus de biens sociaux".
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