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| Mar 19 Juin, 2007 5:10 pm Rushdie anobli par Elisabeth II :colère en Iran & Pakist |
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mardi 19 juin 2007
Rushdie anobli par Elisabeth II: la colère monte au Pakistan et en Iran
ISLAMABAD (AFP) - La colère montait mardi au Pakistan après l'anoblissement de l'écrivain Salman Rushdie par Elizabeth II d'Angleterre et des islamistes ont brûlé des effigies de la reine, vilipendée également par des conservateurs en Iran.
Le Sénat du Pakistan a "exigé le retrait du titre de chevalier" conféré samedi par la reine d'Angleterre à l'auteur des "Versets sataniques", selon une résolution adoptée à l'unanimité.
L'assemblée nationale avait fait de même lundi, jugeant que cette distinction constituait une offense à l'islam.
La chambre haute du Parlement "a exprimé son mécontentement devant ce manque de considération flagrant à l'égard des sentiments des musulmans, de la part du gouvernement britannique, qui a fait chevalier Salman Rushdie, un blasphémateur du prophète", selon le texte.
Auparavant, l'assemblée de la Province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP), dirigée par des partis islamistes, a appelé Islamabad à rompre ses relations diplomatiques avec Londres, l'ex-puissance coloniale jusqu'à la Partition de d'août 1947 séparant l'Inde et le Pakistan.
"Cette assemblée condamne fermement la décision de conférer le titre de 'Sir' à Salman Rushdie, qui est détesté dans le monde musulman pour son livre blasphématoire 'Les versets sataniques'", proclame une résolution.
L'octroi de ce titre "s'inscrit dans une campagne menée en Europe et en Occident pour heurter la sensibilité des musulmans", affirme le texte.
Agé de 59 ans, Salman Rushdie a passé des années dans la clandestinité, menacé par une fatwa lancée en 1989 par le fondateur de la République islamique d'Iran, l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, le "condamnant à mort" à cause des "Versets sataniques", jugé blasphématoire pour l'islam.
Le Pakistan, pays de 160 millions d'habitants surtout sunnites, allié des Occidentaux dans la "guerre contre le terrorisme", va protester auprès de la Grande-Bretagne, a dit lundi le ministère des Affaires étrangères.
Par ses écrits, M. Rushdie "a tenté de diffamer et d'insulter" les musulmans, a accusé le ministère, qui a convoqué l'ambassadeur britannique Robert Brinkley.
Plus radical, le ministre des Affaires religieuses, Ijaz-ul-Haq, avait estimé que le titre de M. Rushdie allait attiser le terrorisme et justifiait d'éventuels attentats suicide.
Excités par ces propos, 150 extrémistes à Lahore (est) ont brûlé des effigies de la reine d'Angleterre et réclamé que M. Rushdie soit traduit devant un tribunal islamique sous le régime de la charia. "La peine pour un blasphémateur est la mort!", a crié à la foule le dirigeant islamiste Shahid Gilani.
"Nous avons décidé d'appeler tous les chiens 'Sir'", a-t-il ajouté.
Lundi déjà, des dizaines d'étudiants avaient hurlé "Mort à Rushdie, mort à la Grande-Bretagne!", brûlant le drapeau britannique et mettant le feu à des effigies de l'écrivain d'origine indienne.
Avant le Pakistan, l'Iran a parlé dès dimanche d'acte d'"islamophobie", même si Téhéran a promis en 1998 de pas appliquer sa fatwa contre Salman Rushdie.
Mardi, des conservateurs iraniens ont violemment critiqué Elizabeth II.
"Salman Rushdie a été transformé en cadavre honni par la fatwa de l'imam Khomeiny et les agissements de la reine d'Angleterre ne pourront pas faire revivre cet apostat", a déclaré Mohammad Reza Bahonnar, vice-président du Parlement iranien. Le quotidien radical Jomhouri Eslami a qualifié la reine de "vieille bique" qui "grimace à la face du monde islamique".
L'ambassade de Grande-Bretagne a défendu Elisabeth II. "L'honneur fait à Sir Salman est amplement mérité et s'explique de lui-même", a déclaré M. Brinkley. Mais à Londres, Downing Street et le ministère des Affaires étrangères se sont refusés à tout commentaire.
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