nous avons honte du president iranien Iran
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nous avons honte du president iranien



 
sohbatnamayeshfarhang honarsiasatjoke iranivarzeshghaza  

avez vous honte, comme le dit cet ecrivain iranien ??
oui j'ai honte d'etre iranien a cause de lui
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non je sais que les gens savent faire la part des choses entre nous et lui !
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je m'en fiche je vis en france ( ou ailleurs) et ce ne me regarde pas !
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Doni
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Jeu 15 Déc, 2005 7:23 pm     nous avons honte du president iranien

Citation:
oui, j'ai honte. J'ai honte du nouveau président iranien et j'espère que les présentateurs de télévision n'arriveront jamais à prononcer son nom correctement. J'ai honte quand il déclare qu'il faut détruire Israël. J'ai honte de son manque d'éducation. J'ai honte de son mépris pour la culture séculaire iranienne. J'ai honte de ses costumes mal taillés qui lui donnent l'air d'un clown. J'ai honte de voir ses chaussures mal cirées. A en croire certains blogs iraniens, il paraîtrait qu'il ne se lave même pas. Sans doute trouve-t-il que le savon fait bourgeois. Sans doute veut-il ressembler à quelqu'un qui arrive tout droit des barricades ou, encore mieux, du dernier siège de l'ambassade américaine. Dans chaque conversation téléphonique avec l'Iran, vous pouvez être sûr qu'il y aura au moins une blague sur le nouveau président. Un exemple ? Pourquoi le président se coiffe-t-il ces derniers temps avec la raie au milieu ? Pour séparer les puces mâles des puces femelles.



Je sais, on peut trouver ça drôle. Moi, je ne peux plus en rire. Cet homme est mon président. Et malgré mon deuxième passeport, le passeport allemand, je n'arrive plus à me calmer. Je me sens pris au piège, avec le sentiment que je resterai toujours un pauvre Iranien, quoi que je fasse. Et puis c'est vrai, à la fin, j'adore ce pays, le parfum de son riz, l'humour triste de ses habitants, la tendresse de leurs relations. Si je m'en fichais, je me contenterais de hausser les épaules ou bien je déciderais de broder une histoire autour de quelques idées sur le fascisme islamique.

Mes belles paroles ne suffiront pas à empiéter sur cette misère idéologique, surtout si elles émanent de l'étranger. La misère, elle, ne disparaîtra pas pour autant. C'est la misère de mon propre pays, celle de ma propre religion. J'estime connaître suffisamment bien l'Iran et l'islam pour me permettre de dire qu'ils sont tombés bien bas tous les deux.

Cela m'a fait mal au cœur de voir le nouveau président devant l'Assemblée plénière des Nations unies. Il parlait comme s'il était au congrès du Parti communiste de Corée du Nord. Comment supporter que cet homme s'exprime au nom de l'Iran, au nom du pays des poètes et des penseurs comme Hafiz ou Avicenne ? L'histoire de notre évolution avance à reculons. N'y a-t-il personne, parmi 70 millions de citoyens, qui puisse nous représenter mieux, à l'étranger, que cet énergumène imbu de lui-même ?

Je n'arrête pas de répéter que les Iraniens ne sont pas comme lui, que le président représente une infime minorité, que les élections étaient truquées au premier tour et que les 10 ou 15 millions de personnes qui, au deuxième tour, ont donné leur voix au nouveau président, en avaient gros sur le cœur, à cause de leur boulot, de la lutte contre la corruption, de son adversaire M. Rafsandjani, l'homme le plus riche d'Iran. Mais ils n'ont pas l'intention de détruire Israël — comme si l'Iran n'avait rien de mieux à faire avec ses 30 % de chômage !

Sans relâche, j'implore mes amis allemands et israéliens de me croire. Allez, voyons, nous ne sommes pas comme lui, leur dis-je. Moi-même, j'ai participé à des rassemblements organisés par l'Etat, par exemple à l'occasion de la Journée de libération de la Palestine. Il s'agit de fêtes populaires. Ceux qu'on veut faire passer pour des manifestants sont rameutés sur place par bus entiers ; il y a des manèges, des tombolas, des repas gratuits, tout le monde s'amuse.

Que dire de ces images télévisées, de ces barbus et de ces femmes, voilées des pieds à la tête, qui, poings levés, scandent "Mort à Israël" ? Eh bien, ce sont les fruits du travail de la télévision publique iranienne. Perché sur un camion roulant affublé d'une grue pivotante, un cameraman surplombe la foule pour filmer quelques centaines de personnes qui, chose promise, chose due, crient : "Mort aux USA, mort à Israël, mort aux détracteurs des juristes, mort aux libéraux, mort aux mal voilées, mort aux cravates." Bref, tout un programme, qui varie en fonction de l'événement commémoré le jour de l'émission.

A peine la grue pivotante de la télévision publique disparue, les poings s'abaissent et les fanatiques se dispersent pour aller tirer un lot à la tombola ou payer un Coca à leur progéniture. Avant, ils étaient des millions à se déplacer pour se rendre à de tels rassemblements. Aujourd'hui, ils sont tout juste assez nombreux pour simuler une foule, 10 000 personnes à tout casser, et encore, ils n'acceptent de venir qu'à grands renforts de barbe à papa.

Ce sont les choses que j'explique à mes amis. Et si cela ne suffit pas à les convaincre, je leur dis d'aller eux-mêmes en Iran, de faire le test du turban/kippa et d'observer ce qui se passe. Le test du turban/kippa ? Parfaitement. Postez-vous à un coin de rue, avec une kippa sur la tête, à Téhéran, et cherchez un taxi. Vous en trouverez un sans problème. Mais si vous vous laissez pousser la barbe, si vous mettez un turban et un habit de mollah et si vous vous postez au coin d'une rue à Téhéran, alors là, vous ne trouverez aucun taxi. Ou ça prendra du temps. Et si vous en trouvez un, il vous racontera la dernière blague sur le président. Ou bien il vous demandera quelles sont les dernières déclarations de l'islam sur le savon et sur le cirage qui permettent au nouveau président de débarquer, nom de Dieu, avec un look pareil. C'est ça, Téhéran. Rien à voir avec ces mufles qui portent actuellement le titre de président ou de ministre.

Même le Guide de la révolution trouve que le nouveau président est trop extrémiste. Il y a belle lurette qu'il l'a remis à sa place en lui signifiant que l'Iran ne prévoyait aucunement d'attaquer, ni même de menacer, quelque pays que ce soit. D'autre part, il lui a fait savoir que l'Iran ne voulait pas exporter sa révolution et que les négociations reprendraient avec l'Europe. Basta. Rentrez dans le rang, monsieur le président.

Le seul problème, c'est que monsieur le président n'a plus du tout envie de rentrer dans le rang. Il est investi d'une mission. Il a des transports d'âme. A Téhéran, les paris vont bon train sur la date de l'attentat qui permettra au régime d'élever le nouveau président au rang de martyr. Ce ne serait pas la première fois, paraît-il. Au début des années 1980, nous avons déjà eu un extrémiste du même gabarit à la présidence. Il n'a pas fait long feu. Trop d'idéologie sied mal à la République islamique. Et un homme politique qui croit à tout ce que la télévision publique raconte, c'est encore pire.

Lorsque des opposants sont mis en prison, que des livres sont interdits ou que des journaux sont fermés, c'est tolérable, à la rigueur, de la part d'un président. Cela ne fait pas de remous à l'étranger. C'est arrivé cent fois depuis son arrivée au pouvoir sans que les médias occidentaux ne s'en offusquent spécialement. Nous pourrions même nous remettre aux lapidations ou recommencer à trancher des mains, par exemple. Cela resterait du domaine du supportable. Ces faits pourraient venir enrichir le "dialogue avec l'islam" ou servir de point de départ à un débat intitulé "Comprendre les valeurs de l'autre". Mais affirmer en passant que oui, effectivement, nous comptons anéantir Israël, alors non, ça non. Il ne faut pas être bien futé pour savoir que c'est vraiment la dernière chose à dire en Iran. Le Guide de la révolution, lui, connaît les conséquences de telles déclarations ; l'Iran se retrouve en situation d'isolement aggravé, le cours des actions s'écroule un peu plus, le taux de chômage grimpe un peu plus haut et les Iraniens ont de plus en plus de mal à obtenir un visa pour l'étranger.

Le nouveau président s'en fiche pas mal. Interrogé sur la crise économique, il a déclaré récemment qu'il n'était pas là pour créer des emplois, mais pour veiller à la prochaine venue du Mahdi. Le Mahdi est le douzième imam des chiites. Il a disparu il y a 1 100 ans, et il doit revenir, comme le Messie, à la fin des temps, pour sauver le monde et établir la justice éternelle sur Terre. L'éternité : c'est la dimension dans laquelle s'inscrit le nouveau président. Amen. Mais, du fond de son ignorance religieuse, connaît-il les conditions nécessaires pour que le douzième imam puisse revenir dans ce bas monde ? Comme dans les visions messianiques du judaïsme orthodoxe et du christianisme, le douzième imam ne créera le paradis sur Terre qu'à partir du moment où celle-ci sera devenue un enfer. Pour préparer la venue du douzième imam, il faut donc faire de la vie un enfer. Le nouveau président est à mille lieues d'imaginer combien son but est proche. Mahdi, je vous en prie, tenez-vous prêt pour la relève.


© Die Zeit.
Traduit de l'allemand par Geneviève Hesse.



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Navid Kermani est né en 1967 en Allemagne de parents iraniens. Ecrivain, il vit à Cologne.



Peyman
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Jeu 15 Déc, 2005 10:38 pm    

Pas honte d'être iranien je dirait, plutôt honte pour l'Iran, et pour ce qu'est devenu ce pays à force d'obscurantisme et de lavages de cerveaux.

Depuis 25 ans on répète à l'Occident qu'il faut faire quelque chose, qu'on ne laisse pas des fous diriger un pays sans avoir un jour un retour de baton.... plus le temps passe et plus la part d'aveuglés augmente là bas.

Pour le reste, nous avons un autre soucis qui est la vision des occidentaux sur nous quand on dit que nous avons des origines iraniennes. Un jour je cherchais un logement et la propriétaire au bout du fil, après avoir eu connaissance de mes origines, me rétorqua qu'elle voulait m'étrangler avec ce qu'a dit Ahmadinejad.... qu'ai-je à voir avec ce mec Rolling Eyes





 

 
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