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| Mar 16 Oct, 2007 9:58 pm Kamikaze Belge en Irak ( No Joke) |
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rak: Muriel, le singulier destin d'une kamikaze belge au centre d'un procès
Trois des six membres présumés d'un réseau de recrutement de kamikazes, le 15 octobre 2007 devant un tribunal de Bruxelles
BRUXELLES (AFP) - Comment une jeune femme belge a-t-elle pu basculer dans le fanatisme religieux au point de devenir une kamikaze islamiste en Irak? Un procès s'est ouvert dans son pays lundi pour tenter d'y répondre, avec la comparution de six membres présumés d'un réseau de recrutement.
Le 9 novembre 2005, Muriel Degauque, 38 ans, a fait exploser son véhicule lors du passage d'un convoi militaire, devenant la première Occidentale à mener une opération suicide contre les forces américaines en Irak.
Il n'est pas certain qu'elle ait tué d'autres personnes qu'elle-même. Son compagnon Issam Goris a lui été abattu le lendemain par une patrouille, alors qu'il portait, selon l'armée américaine, une ceinture garnie d'explosifs.
Muriel Degauque, née en 1967 dans une famille ouvrière de la région de Charleroi (sud), avait vécu une enfance sans gros problème, souligne la presse belge, même si elle avait prématurément quitté l'école pour vivre de petits boulots, devenant notamment vendeuse dans une boulangerie.
Adulte, elle se convertit à l'islam et épouse un Turc, dont elle divorce. Puis, en 2002, elle s'éprend d'Issam Goris, d'origine marocaine et de sept ans son cadet.
Le couple vit trois ans au Maroc, sans donner de nouvelles en Belgique. A son retour, Muriel est transformée. Elle porte le voile et des gants lors de ses rares visites chez ses parents, puis une sorte de burka qui ne laisse apparaître que ses yeux.
Le procès devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, qui devrait durer de quatre à cinq semaines, a pour figure centrale Bilal Soughir.
Ce Belge de 33 ans d'origine tunisienne, considéré comme le chef du réseau qui a recruté Muriel Degauque, n'était pas présent à la première audience lundi. Il a refusé de porter une cagoule durant le trajet vers le tribunal et était représenté par ses avocats.
En revanche, ses cinq co-accusés, qui comparaissent libres, étaient présents. Mais ils ont refusé de se laisser photographier et, en dehors de la salle, ils se cachaient le visage d'une écharpe ou de leur capuchon rabattu. Devant le palais de justice, l'un d'entre eux a même sèchement interpellé une jeune femme qu'il soupçonnait de l'avoir photographié.
Les six accusés sont soupçonnés d'avoir constitué en Belgique un groupe de soutien au terrorisme spécialisé dans l'enrôlement et l'envoi de combattants en Irak. Ils risquent des peines maximales comprises entre 10 et 15 années de réclusion.
Selon l'enquête, basée sur de nombreuses écoutes téléphoniques, le réseau était en contact avec Abou Moussab Al-Zarqaoui, le responsable d'Al-Qaïda en Irak tué en juin 2006, ainsi qu'avec des islamistes au Moyen-Orient, en Turquie, en Italie, en France ou encore en Ukraine.
Muriel et son mari Issam ont pris en voiture la route de Bagdad durant l'automne 2005, passant par l'Italie et la Turquie.
Lorsque Muriel Degauque se fait exploser, Bilal Soughir en est informé dans les heures qui suivent, a expliqué lundi le président du tribunal, Pierre Hendrickx.
Placés sous écoute depuis six mois par les policiers belges, les membres du réseau se réjouissent, louent Allah et promettent à leurs contacts à l'étranger que "d'autres frères partiront bientôt".
L'un des prévenus, le Belge converti à l'islam Pascal Cruypenninck, pousse sa compagne, une jeune Rwandaise récemment convertie de 18 ans, à prendre Muriel Degauque en exemple. "Tu vas gagner la vraie vie", lui a-t-il dit.
Mais le réseau n'enverra pas d'autres candidats au martyr. Il a été démantelé lors d'une série de perquisitions en Belgique le 30 novembre 2005, alors que l'existence d'une "kamikaze belge" commençait à faire l'objet de fuites dans la presse.
Source : AFP
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