Belphegor
Invité
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| Lun 06 Fév, 2006 10:08 am |
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Bonjour je suis aussi un ami de Bahram.
Comme certains d'entre vous se posaient des questions sur les raisons de son geste Je vous joins un texte que nous avons écrits qui explique un peu mieux pourquoi Bahram en est arrivé a mettre fin à ses jours.
Les raisons les plus importantes ne sont pas complètement décrites puisqu'elles restes bien au chaud en attendant l'action en justice qui devrait établir toutes les responsabilités dans ce drame.
Certains semblent être atteints d'une mauvaise foi sans limite (cf le 2eme texte : discour du Ministre...
Nous n'oublirons pas.
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MOHAMMAD BAHRAMIAN
Le suicide de Mohammad Bahramian au siège de la RMN, le 23 janvier 2006, plonge tous ses amis dans une profonde affliction. Mohammad Bahramian, « Bahram » pour les uns, « Momo » pour les autres, était un homme d’une grande générosité, d’un sens aigu de la justice et du service public, sculpteur inventif au talent reconnu - il avait été primé deux fois lors du Salon international des inventions de Genève, en 1999. Tout au long de sa carrière au sein de la RMN, il a mis ses compétences, son expérience professionnelle et son savoir-faire antérieur - titulaire d’une licence de sculpture de l’école des Beaux-Arts de l’université de Téhéran (1968) et d’un DEA d’Esthétique de la faculté à faculté de Paris-Sorbonne, en 1978 - au service de la préservation et de la mise en valeur du patrimoine culturel.
Dans le cadre de ses fonctions, il a conçu de nouveaux procédés de moulage. Son esprit d’innovation ainsi que les analyses critiques qu’il a produites pour améliorer la qualité de reproduction des moulages ont engendré au sein de son entreprise des réactions contradictoires et suscité tant l’hostilité de son chef d’atelier que l’intérêt de sa hiérarchie supérieure sans que cet intérêt n’aboutisse à une reconnaissance professionnelle effective et à une promotion interne. En réponse à sa demande, fin 1999, de requalification au titre de conseiller technique et esthétique, il est déqualifié, fin 2000, de l’emploi de maître-ouvrier mouleur à celui de mouleur confirmé.
Il a subi harcèlement et discriminations dans le travail (cantonnement à des travaux subalternes au sein de l’atelier, arrêt des missions qualifiées sur sites à l’extérieur, brimades en forme de tâches d’exécution non qualifiées, propos racistes).
Pour défendre ses droits, il introduit une action aux Prud’hommes en 2001. Mais la détérioration de ses conditions de travail le contraignent à se mettre en arrêt de travail au motif : « état d’anxiété majeur en lien avec ses conditions de travail. » Il fait une première tentative de suicide en 2003. Des promesses lui sont alors faites sous condition d’un désistement dans son action. Elles ne seront pas tenues. En juillet 2004, alors qu’il n’est plus en arrêt de travail, aucune proposition de reclassement dans l’entreprise ne lui est faite.
Malgré ses multiples demandes d’entretien auprès des responsables, il se voit, ainsi que le formule la CGT-Culture à l’automne 2005, « égaré en un labyrinthe invraisemblable d’encouragements, de promesses stériles, de signes contradictoires et, pour finir, de silences méprisants et destructeurs. » Il reprend alors son action aux Prud’hommes, mais n’aura pas la force de la mener à terme.
M. le Ministre de la Culture, dans son discours le 31 janvier 2006, déclare que : « Nous pouvons imaginer que l’approche de l’échéance de sa retraite, qui allait définitivement rompre le lien qui l’attachait à la RMN, qui était toute sa vie, lui était insupportable parce qu’elle lui enlevait, au sens le plus fort du terme, sa raison de vivre. » Non, M. le Ministre, la RMN n’était pas l’unique raison de vivre de M. Bahramian.
C’est la situation qui lui a été faite à la RMN qui a brisé toutes les chances de la brillante carrière professionnelle qui lui était promise et qui a constitué une mise en danger de son état de santé.
Ce sont ces atteintes à sa dignité qui l’ont conduit à mettre fin à ses jours ce 23 janvier 2006.
Afin de perpétuer la mémoire de Mohammad Bahramian et préserver ses intérêts moraux, ses amis créent une association, « Les amis de Bahram » dont le but est la promotion de ses réalisations et le soutien à des initiatives culturelles et éducatives. Les actualités seront disponibles sur le site : "www.amibahram.net" à partir du 10 février 2006.
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La version du Ministre : ...
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M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, a rendu hommage, ce mardi 31 janvier 2006, lors du comité technique paritaire ministériel, à M Mohammad Bahramian, agent de la RMN, qui s’est suicidé au siège de la Réunion des Musées Nationaux, le lundi 23 janvier 2006. 31/01/2006
Citation : “ Vous le savez, lundi dernier après-midi, les personnels du siège de la Réunion des Musées Nationaux ont été les témoins et les acteurs impuissants d’un drame, le suicide de Mohammad Bahramian. Personne n’a pu le retenir cette fois, pas même ses proches camarades, d’attenter à sa vie comme il l’avait déjà tenté il y a juste trois ans. Cet acte désespéré interroge chacun de nous, au plus profond de ses convictions personnelles, philosophiques ou religieuses.
Depuis de longues années, ses collègues, ses camarades de travail, à titre personnel ou dans le cadre de leurs organisations syndicales, la Direction et les cadres de la Réunion des Musées Nationaux s’étaient efforcés, chacun dans son rôle, d’atténuer la souffrance de Mohammad Bahramian, de l’aider à organiser sa vie sans la laisser totalement envahir par la passion qu’il vouait à la Réunion des Musées Nationaux et à son travail, une passion d’une telle démesure qu’aucun environnement professionnel ne peut y répondre, une passion tellement dévorante qu’elle avait rendu son état psychologique incompatible avec toute reprise d’activité professionnelle.
Personne ne peut connaître les ressorts intimes qui poussent un homme à décider de mettre fin à ses jours. Dans le cas de Mohammad Bahramian, nous pouvons imaginer que l’approche de l’échéance de sa retraite, qui allait définitivement rompre le lien qui le rattachait à la Réunion des Musées Nationaux, qui était toute sa vie, lui était insupportable, parce qu’elle lui enlevait, au sens le plus fort du terme, sa raison de vivre.
La mort de Mohammad Bahramian touche directement le personnel de la Réunion des Musées Nationaux, ses amis et collègues, ainsi que la direction de la Réunion des Musées Nationaux, qui ont naturellement été bouleversés par des instants d’une terrible violence. Je les assure de toute ma solidarité et de mon soutien ; j’aurai, dans les prochains jours l’occasion de le leur manifester directement.
De l’extérieur, personne ne conçoit que le thème de la souffrance au travail puisse trouver un écho au Ministère de la Culture, nous qui avons la chance d’un accès quotidien et privilégié aux œuvres, aux artistes, au patrimoine dont nos concitoyens font leurs loisirs ou leur passion ! Et pourtant, l’importance que nous y avons ensemble attachée, organisations représentatives du personnel et administration, montre que nous sommes conscients des fragilités, des sensibilités, que l’intensité de leur engagement peut faire naître au sein du personnel du Ministère. ” |
fin de citation. 
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