Isis
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| Dim 05 Fév, 2006 8:11 pm L'Iran met fin au régime renforcé de contrôle de son program |
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L'Iran a annoncé dimanche avoir mis un terme au régime renforcé d'inspections de son programme nucléaire par l'AIEA, tout en gardant le flou sur une éventuelle relance de son programme d'enrichissement industriel d'uranium.
"Toutes les mesures volontaires prises ces deux-et-demi ou trois dernières années ont été arrêtées et nous n'avons aucun engagement envers le protocole additionnel et autres mesures volontaires", a dit le ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki.
Cette mesure de représailles survient après l'adoption samedi par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'une résolution demandant à l'Iran de suspendre toutes ses activités nucléaires sensibles, et informant le Conseil de sécurité des Nations unies du dossier iranien.
Le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en a ridiculisé la portée dimanche: "Vous pouvez délivrer autant de résolutions de ce genre que vous voudrez, et vous pouvez vous amuser avec, mais vous ne pouvez pas empêcher le progrès de l'Iran".
"Nous remercions Dieu pour avoir fait en sorte que nos ennemis soient des idiots", a-t-il ajouté.
Le protocole additionnel du Traité de non-prolifération permet notamment aux inspecteurs de l'AIEA d'effectuer des contrôles poussés, avec un délai de préavis réduit, des installations nucléaires.
Les responsables iraniens sont restés plus évasifs en revanche sur leur autre menace, consistant en une reprise des activités liées à l'enrichissement industriel d'uranium, suspendues volontairement à la fin 2003.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Hamid Reza Assefi, a esquivé une question à ce sujet dimanche: "c'est une question technique et je ne peux y répondre".
Le président Ahmadinejad avait été tout aussi élusif à ce sujet samedi: "Les activités de recherche et de développement et les préparations pour l'utilisation de la technologie du combustible nucléaire pour une utilisation pacifique doivent être mises en oeuvre de façon sérieuse et concertée".
Il faisait référence aux deux installations d'enrichissement d'uranium de Natanz (centre).
Le centre abrite une unité pilote, que sa taille confine à des activités de recherche, et dans laquelle l'Iran a repris le travail à la mi-janvier. Ce redémarrage est à l'origine de la crise actuelle.
Natanz abrite aussi une installation de taille industrielle, qui était encore cours de construction quand les Iraniens avaient annoncé y suspendre leurs travaux fin 2003.
L'enrichissement est un procédé crucial pour la production du combustible nécessaire à une centrale atomique, mais aussi de la charge d'une arme nucléaire.
C'est pourquoi les Occidentaux, qui soupçonnent l'Iran de dissimuler un volet militaire dans leur programme nucléaire civil, refusent que l'Iran le maîtrise. Ils soutiennent ainsi un plan russe d'enrichissement d'uranium iranien en Russie.
M. Assefi a confirmé que les négociations avec la Russie se poursuivraient bien sur ce thème, même si la résolution adoptée par l'AIEA changeait significativement la donne.
"Nous faisons face à une nouvelle situation, le deuxième round des négociations (avec la Russie prévu le 16 février, ndlr) aura lieu, mais le plan russe doit être adapté à la nouvelle situation pour qu'on puisse l'examiner", a dit le porte-parole.
Il a aussi précisé que plus généralement l'Iran va "utiliser les capacités diplomatiques jusqu'au mois prochain".
C'est-à-dire jusqu'à la réunion de l'AIEA prévue le 6 mars, qui doit examiner si l'Iran s'est conformé aux demandes de l'agence formulées dans sa résolution de samedi.
Mais Téhéran ne semble pas décidé à faire machine arrière, bien au contraire. Selon M. Mottaki, la résolution de l'AIEA "n'a pas de base légale, et ce vote enlève simplement l'opportunité de coopération volontaire entre l'Iran et l'agence".
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source: http://www.courrierinternational.com/AFP/depeche.asp?NewsItem_value=060205150646.60v0kywt.xml
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