Art : Moyen-oriental et contemporain Iran
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Art : Moyen-oriental et contemporain



 
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Pary
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Dim 16 Mar, 2008 1:08 pm     Art : Moyen-oriental et contemporain

Moyen-oriental et contemporain (lesechos.fr)

[ 14/03/08 ]



ArtDubai (du 19 au 22 mars) et ArtParis (du 3 au 7 avril) s'ouvrent à un marché prometteur (*)


Le marché de l'art est en perpétuelle mutation. Après que l'art africain contemporain a enregistré, tout comme celui d'Amérique latine, une nouvelle vague d'engouement, alors que l'art chinois et indien est sujet à de spectaculaires montées de cotations, arrive en force depuis quelques mois l'art contemporain du Moyen-Orient et le marché qui va avec. Pourquoi pas ? Dans une société qui se veut globalisée, alors qu'Abu Dhabi prévoit un projet pharaonique d'île des musées à l'horizon 2013 et que les pays du Golfe visent la création de nouvelles institutions, cette partie du monde voit sa création valorisée.

En témoigne le calendrier récent des maisons de ventes. C'est depuis 2006 que Christie's organise deux fois par an à Dubaï des enchères sur le thème de l'art contemporain arabe et iranien. Les dernières, en octobre 2007, ont enregistré plusieurs records, qui ont surpris nombre d'opérateurs du marché. La directrice du Moyen-Orient chez Christie's, Isabelle de la Bruyère, remarque : « Des clients de 30 pays y ont participé. C'est un marché très prometteur. La vente du 31 octobre a rapporté 15 millions de dollars, soit le double de l'estimation globale. » De son côté, Sotheby's mène une politique différente en organisant au même rythme des ventes dédiées à l'art arabe et iranien, mais à Londres. La première du genre, le 27 octobre 2007, a rapporté 2,2 millions d'euros.

Téhéran « underground »
Quant à l'« outsider » britannique Bonhams, il mettait sur pied pour la première fois, le 3 mars dernier à Dubaï, une vente moderne et contemporaine consacrée à l'art arabe, iranien, indien et pakistanais. Résultat : 94 % des lots vendus pour 13 millions de dollars en un soir et, là encore, plusieurs records de prix. Le générique de ces ventes est composé de noms qui, à quelques exceptions près, sont inconnus du public occidental.

Enfin, l'événement majeur dans le domaine se tient à Dubaï, du 19 au 22 mars. ArtDubai, la foire régionalement la plus importante, présente 70 galeries en provenance de 28 pays, dont douze sont originaires du Moyen-Orient. « Les collectionneurs du Moyen-Orient existent depuis longtemps, remarque John Martin, directeur de la foire. Simplement ArtDubai les porte à l'attention du monde entier. Dubaï est aussi une plate-forme internationale pour l'art chinois, indien, etc. La ville attire, grâce à son régime fiscal très favorable, un grand nombre de businessmen et suscite des croisements de cultures intéressants. » L'an dernier, le programme de la manifestation était encore inégal, mais cette année la sélection des galeries participantes semble être plus rigoureuse.

Aujourd'hui, Paris se fait aussi l'écho de cette nouvelle fièvre. Du 3 au 7 avril, sous les armatures métalliques du Grand Palais, la foire consacrée à l'art moderne et contemporain, ArtParis, présentera une exposition d'artistes d'origine palestinienne, algérienne ou iranienne. Le commissaire de l'opération est Brahim Alaoui, l'ancien directeur de l'Institut du monde arabe. Jusqu'au 27 avril, l'espace Louis-Vuitton expose des artistes contemporains « de Beyrouth à Pékin, sur les traces de la croisière jaune ». On y découvre plusieurs artistes pertinents, dont Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, deux Libanais nés en 1969, qui vivent entre Beyrouth et Paris, et qui expriment dans leurs photos et leurs vidéos (depuis peu montrés par la galerie parisienne Fabienne-Leclerc, les tirages sont à vendre autour de 5.000 euros) la fragilité de la ville et la précarité de sa représentation dans un état de guerre.

Au Moyen-Orient, l'une des scènes les plus marquantes est celle de Téhéran, avec une vie « underground » très forte. Le commissaire de l'exposition parisienne, Hervé Mikaeloff, y a trouvé, notamment, Bita Fayyazzi (née en 1962). On peut voir sa spectaculaire installation composée, entre autres, d'un chameau ayant une relation sexuelle avec une 2 CV via son réservoir à essence. Une manière imagée de parler des rapports des pays producteurs de pétrole avec l'Ouest. Bita Fayyazzi n'a pas de galerie attitrée. Elle s'est fait connaître à l'étranger par son site Internet (www.bitaworks.com) et ses sculptures sont à vendre en moyenne autour de 15.000 euros. C'est dire si le commerce de l'art n'est pas toujours organisé en Iran.

Ebrahim Melamed (voir « les Echos week-end » du 2 octobre 2005) est certainement le seul collectionneur d'art contemporain international vivant à Téhéran. Selon lui, « les artistes iraniens expriment, du fait même de leur contexte de vie, d'autres problématiques. Cela dit, une grande part de la production ressemble à des copies des années 1960 et 1970 assez médiocres. Il n'y a pas de bonne école d'art au Moyen-Orient. Les galeries soutiennent modérément les artistes. Quelques noms se distinguent cependant ». L'artiste qu'il met en exergue est Farad Moshiri (quarante-cinq ans), auquel il consacrera une salle entière dans son musée privé dont l'ouverture est prévue en novembre à Téhéran. Il est défendu en Belgique par la galerie Rodolphe-Jansen, qui le montrait aussi en juin dernier à Bâle. « C'est un artiste conceptuel, explique son codirecteur Sébastien Jansen, qui l'a découvert à Dubaï. Une sorte de Koons du Moyen-Orient, qui réalise des tableaux, des installations, des sculptures. » Sa cote suit d'ailleurs la même ascension que celle de l'Américain Jeff Koons et, le 3 mars, une de ses oeuvres, « Eshgh », qui signifie « amour », a été adjugée pour 1 million de dollars. Il s'agit d'une grande calligraphie du mot amour, recouverte de cristaux.

Bien que, dans une moindre mesure, les cotes d'artistes iraniens qu'on trouve en France comme Abbas Kiarostami ou Shirin Neshat voient aussi leurs cotations monter en flèche dans les nouvelles enchères de Dubaï. « La cible est une clientèle moyen-orientale qui bénéficie de gros budgets et qui meuble ses maisons de Dubaï », explique Ebrahim Melamed. Depuis 1999, Catherine Thieck, de la Galerie de France, a exposé quatre fois la production photo du cinéaste Abbas Kiarostami. « Ses images très esthétiques, presque académiques, n'ont rien à voir avec ses films. Il s'agit de paysages qu'on ne situe pas. J'ai dû en vendre 300 entre 1999 et 2006 », observe la galeriste. Elle proposait en 2006 à la Fiac une grande image d'arbres noirs dans un paysage neigeux tirée sur toile pour 15.000 euros. Le 3 mars, chez Bonhams, une photo sur toile de la même série était adjugée 135.000 dollars.

Phénomène identique pour Shirin Neshat (née en 1957), sans doute aujourd'hui la plus célèbre artiste iranienne dans le monde. Elle a quitté son pays en 1974 pour étudier à Berkeley et vit aujourd'hui encore aux Etats-Unis. Ses thèmes de prédilection sont cependant attachés à son pays d'origine, traitant de manière poétique de la condition de la femme et de la situation sociale en Iran. Sa dernière production est exposée jusqu'au 5 avril à la galerie Jérôme-de-Noirmont à Paris. La série de portraits « Revolutionary Man » montrant des personnages sur fond de calligraphies, éditée à cinq exemplaires en grand format (237 × 191), est à vendre pour 55.000 euros. Mais « Gardiens de la révolution », une image en noir et blanc de 1994, qui figure des mains recouvertes de calligraphies entre lesquelles repose le canon d'un revolver, a été adjugée en octobre dernier à Dubaï pour 241.000 dollars. « Les prix pratiqués pour Shirin Neshat dans les ventes récentes consacrées à l'art du Moyen-Orient sont quatre fois supérieurs à ceux des autres ventes d'art contemporain. Cette nouvelle clientèle a découvert Shirin soudainement », remarque Jérôme de Noirmont.


Il semble que ce marché, qui ne demandait qu'à s'exprimer n'en soit qu'aux premiers balbutiements d'une période spéculative qui devrait prendre rapidement de l'ampleur. Prix du pétrole oblige.

JUDITH BENHAMOU-HUET


(*) ArtDubai : du 19 au 22 mars. Madinat Jumeirah. www.artdubai.ae

Artparis : du 3 au 7 avril Grand Palais. www.artparis.fr« De Beyrouth à Pékin sur les traces de la croisière jaune ».



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Dim 16 Mar, 2008 1:26 pm    

Shirin Neshat : Nouvelles oeuvres. Jusqu'au 5 avril. Galerie Jérôme de Noirmont, Paris 8e.Tél. : 01.42.89.89.00

http://www.lesechos.fr/info/loisirs/4696336.htm


 art moyen oriental et contemporain
« Faezeh & Amir Khan », 2008 de Shirin Neshat



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Sam 22 Mar, 2008 2:52 pm    

Une exposition d'art à Dubaï témoigne du dynamisme du marché du Golfe


Par Par Wissam KEYROUZ AFP - Samedi 22 mars -DUBAI (AFP) -

Art Dubai, l'exposition d'art la plus importante au Moyen-Orient, a attiré cette semaine pour sa 2e édition annuelle des dizaines de galeries d'art contemporain de renommée mondiale, témoignant du dynamisme du marché lucratif de l'art dans la région, dopée par des recettes pétrolières records.

Un verre de champagne à la main, des dizaines de riches collectionneurs ont déambulé entre les différents stands de la foire pour dénicher les objets ou tableaux qu'ils souhaiteraient acquérir au cours d'une avant-première mardi.

"En deux heures, j'ai vendu deux tableaux pour 15.000 dollars chacun", a déclaré à l'AFP Marie-Sophie Eiché, directrice d'une galerie parisienne qui expose à Dubaï quelques oeuvres d'artistes du Moyen-Orient et de Chine.

Au total, 70 galeries de 28 pays, sélectionnées parmi 350 galeries candidates, ont participé, du 18 au 22 mars, à "Art Dubai 2008", dont l'espace a doublé par rapport à l'an dernier, a indiqué son directeur, John Martin.

En deux ans, "l'exposition est devenue un événement essentiel dans le monde des arts, témoignant de la place qu'occupe désormais Dubaï en tant que centre des arts modernes et contemporains", a-t-il ajouté.

Les participants venaient de galeries de Londres, Paris, Séoul, Tokyo, Shanghaï, Sao Paulo, Lisbonne, Zurich, Beyrouth et Tunis notamment.

Parmi les articles exposés, estimés à des dizains de millions de dollars, figurent des tableaux de peintres célèbres, comme les Américains Andy Warhol et Sam Francis, mais aussi l'Iranien Farhad Moshiri , l'Irakien Dia Azzaoui et le Libanais Paul Guiragossian.

Moshiri est devenu le premier peintre du Moyen-Orient à franchir le cap du million de dollars pour l'une de ses toiles, "Amour", vendue lors d'enchères organisées le mois dernier à Dubaï pour 1,05 million de dollars.

Sa nouvelle toile, "Message d'amour", a attiré beaucoup d'admirateurs à Art Dubaï.

"Moshiri marque le dynamisme des arts au Moyen-Orient.
L'activité artistique se développe d'une manière fantastique dans la région aussi bien au niveau de la création qu'à celui des ventes", a commenté Claudia Cellini, directrice de la galerie de Dubaï The Third Line, interrogée par l'AFP.

Dubaï, émirat du Golfe qui a connu un boom immobilier et touristique phénoménal, a commencé récemment à se donner une dimension culturelle en s'imposant comme marché d'art.

En attirant les grosses fortunes du Golfe, du sous-continent indien mais aussi de Russie et d'ailleurs, l'émirat est devenu un centre pour la vente des oeuvres d'art, contribuant à l'envolée des prix de l'art moyen-oriental.

Abou Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis, qui se veut à l'avant-garde de l'action culturelle dans le Golfe, a organisé en novembre dernier une importante exposition qui a dynamisé la vente des oeuvres artistiques.

Dans une récente étude de Christie's, 40% des habitants des monarchies pétrolières du Golfe entendent dépenser plus, durant les 5 prochaines années, pour l'achat d'oeuvres artistiques.

En outre, 60% de ces habitants disent avoir acheté ces dernières années un objet d'art, notamment des toiles, et autant affirment vouloir améliorer leurs connaissances dans ce domaine, selon l'étude de la maison londonienne. Christie's a d'ailleurs largement contribué au développement du marché de l'art à Dubaï où elle a organisé une série d'enchères.

De 8,4 millions de dollars tirés des premières ventes organisées en 2006 à Dubaï, ces enchères ont rapporté 24 millions lors des dernières ventes fin 2007, a indiqué à l'AFP un responsable de Christie's.

La moitié des clients étaient des ressortissants du Moyen-Orient, a ajouté ce responsable notant que le marché de l'art arabe et iranien s'est développé au taux de 207% ces deux dernières années.





 

 
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