Chahdortt Djavann Iran
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Chahdortt Djavann



 
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Bahareh
posteur enraciné
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Inscrit le: 19 Mar 2007
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Mer 19 Mar, 2008 8:29 pm     Chahdortt Djavann

voici le dernier livre de Chahdortt Djavann : La Muette Les critiques ont l'air bon et je pense que je vais l'acheter.



«La Muette», de Chahdortt Djavann. Extraits
«J'ai quinze ans, je m'appelle Fatemeh...»
Par BibliObs.com

BibliObs a décidé de fêter à sa manière la Journée de la femme en vous proposant des extraits - très différents - de livres signés par des écrivaines. Des auteures si vous préférez.
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Baltel/Sipa
Chahdortt Djavann
Chahdortt Djavann, qui se fit connaître avec «Bas les voiles!», vient de publier chez Flammarion un court roman, «la Muette», qui se présente comme le Journal d’une condamnée.
De la prison où elle attend la mort, Fatemeh écrit pour que «quelqu’un se souvienne» d’elle et de sa tante, la muette qui donne son titre au roman. Sur le petit cahier que lui apporte son gardien, elle raconte sa courte vie.





«La Muette», de Chahdortt Djavann

Extraits

J'ai quinze ans, je m'appelle Fatemeh, et je n'aime pas mon prénom. Dans notre quartier, tout le monde avait un surnom, le mien était «la nièce de la muette». La muette était ma tante paternelle. Je vais être pendue bientôt; ma mère m'avait nommée Fatemeh parce que j'étais née le jour de la naissance de Mahomet, et comme j'étais une fille, elle m'avait donné le prénom de la fille du Prophète. Elle ne pensait pas qu'un jour je serais pendue; moi non plus. J'ai supplié le jeune gardien de la prison pour qu'il m'apporte un cahier et un stylo, il a eu pitié de moi et exaucé le dernier souhait d'une condamnée. Je ne sais par où commencer. J'ai lu plusieurs fois le petit dictionnaire abandonné sur la corniche de la chambre où j'ai vécu plus d'un an. J'aimais apprendre ce que les mots signifiaient; mais ne me rappelle pas tous les mots et leur sens. Je n'ai jamais rien écrit, à part quelques poèmes, une vingtaine, mais personne ne les a jamais lus. J'étais très bonne à l'école, mais j'ai dû la quitter à treize ans; j'aurais bien aimé continuer et aller à l'université. Personne dans ma famille, ni d'ailleurs dans notre quartier, n'avait jamais mis les pieds dans une université. Où j'ai grandi, il n'y avait que la misère et la drogue, aucun destin n'échappait au malheur; dans ce monde-là, la pauvreté écrase les hommes et les femmes, les rend misérables, méchants et laids: trop de misère fait que les gens ne sont même plus capables de rêver. Mon oncle, le frère de ma mère, était drôle, drogué et beau, il avait vingt-deux ans et rêvait encore, un peu trop peut-être. La muette aussi était belle, elle avait de grands yeux brillants et un visage rassurant pour une muette. Moi, je ne suis pas belle, mais je ne suis pas laide non plus; maintenant, dans cette cellule, je dois l'être. Les trois premiers jours de mon interrogatoire furent les plus lents dans l'histoire de l'humanité, soixante-douze heures sans sommeil sous les coups de matraque. Brûlures indescriptibles. J'ai plusieurs dents brisées, le visage tuméfié, des côtes cassées et, lorsque je respire, mon corps me fait mal. Je prends seulement maintenant conscience que je vais être pendue; attendre jour et nuit la mort dans cette cellule étroite et entièrement vide est au-dessus de mes forces. Penser à la muette, l'imaginer à mes côtés, m'aide à ne pas devenir folle, à supporter la douleur, la peur. J'écris pour que quelqu'un se souvienne de la muette et de moi, parce que mourir comme ça, sans rien, m'effrayait. Peut-être qu'un jour quelqu'un lira ce cahier. Peut-être qu'un jour quelqu'un me comprendra. Je ne demande pas à être approuvée, seulement comprise.


La muette ne faisait rien comme tout le monde, elle ne ressemblait à personne. Les gens la croyaient folle parce qu'elle avait des attitudes libres et contradictoires. Elle se moquait complètement des interdits. Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris pourquoi elle était si différente. Elle était toujours tête nue, même lorsqu'elle ouvrait la porte de la maison, alors qu'aucune femme, dans notre milieu, qu'elle fut folle, muette, aveugle, chauve ou pas, n'apparaissait jamais au seuil de la porte tête nue, de peur qu'un passant ne la voie. Dans notre quartier, il n'y avait que des hommes, les femmes ne sortaient jamais, et même dans la maison, elles portaient toutes un fichu sur la tête, comme ma mère. Toujours habillée de longues robes colorées, toujours pieds nus et toujours deux longues nattes retombant sur ses seins, la muette avait à la fois la liberté d'un homme et la minutie d'une femme; parfois elle passait de longues minutes à mettre du vernis sur nos ongles de pied ou encore à se maquiller les yeux devant le miroir. Et puis elle fumait, elle plantait une cigarette au coin de ses lèvres, la gardait entre les dents pendant qu'elle faisait la vaisselle ou lavait le linge; elle tirait dessus à la manière des joueurs de poker dans les films américains. J'aimais la regarder. J'étais fascinée par ce qu'elle était. Après ce qu'elle avait vécu à dix ans, elle n'avait plus peur de rien, elle vivait à sa guise; tantôt elle était d'une tristesse sombre et profonde, comme les eaux des abysses au fin fond de l'océan; alors elle se retirait et personne ne pouvait l'approcher; tantôt elle était gaie; on aurait dit une petite fille qui ignorait tout de la vie, elle nous prodiguait sa joie. Le fait qu'elle fut muette lui donnait une liberté que certainement elle n'aurait pas pu avoir si elle avait parlé. Etre muette signifiait en soi ne pas être comme les autres, son mutisme éveillait la méfiance des autres; elle était scandaleusement différente et, avec ça, elle avait le chic pour se faire des ennemis. Elle était la maudite, la mauvaise femme, la sauvage. Les commérages du quartier disaient que nous cachions dans notre maison une diablesse, une ensorceleuse, qui jetait ses sortilèges sur tous ceux qui l'entouraient.

© Flammarion.
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Bahareh
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Mer 19 Mar, 2008 8:30 pm    

sinon avez-vous lu Bas les voiles et si oui qu'avez-vous pensé de ce livre ?
merci



Noushin
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Mer 19 Mar, 2008 8:40 pm    

Je n'ai pas lu ses livres et c'est pas bien de critiquer qqn sans connaitre ses idées , mais j'ai vu quelqus un de ses interveiws et je peux dire qu'elle m'énerve ! Mad


Lilidjan
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Mer 19 Mar, 2008 8:44 pm    

Je l'ai lu quand il est sorti donc ça doit faire 3 ou 4 ans maintenant; le souvenir que j'en ai gardé, c'est une grande dureté, une grande violence dans l'expression et le ressenti de cette écrivaine; je crois savoir que l'écriture de ce pamphlet a été pour elle une sorte de thérapie. Ses autres romans sont plus "doux" et plus sereins. J'ai beaucoup aimé "comment peut-on être français?"
J'ai vu aussi La Muette dans ma librairie locale et je pense que je vais l'acheter. Bahareh jan, on pourra en discuter!
Quel est ton avis à toi sur "bas les voiles"? fleur



Bahareh
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Inscrit le: 19 Mar 2007
Messages: 3458

Mer 19 Mar, 2008 8:47 pm    

moi aussi elle m'énerve mais je voulais avoir votre avis sur cet essai pamphlet qu'est Bas les voiles tout en vous présentant ce dernier livre qui est peut-être bon. par contre j'ai lu Je viens d'ailleurs et c'est plutôt pas mal.
mais je te comprends et quelque chose me dit qu'elle va avoir une supporter sur ce forum par rapport à son livre Bas les voiles... Rolling Eyes



Bahareh
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Messages: 3458

Mer 19 Mar, 2008 8:56 pm    

Lilidjan je trouve qu'elle a un avis trop tranché et catégorique. si les choses étaient aussi simples et bien ça se saurait... Rolling Eyes
ce qui m'a embêté c'est qu'elle dise que les femmes qui portent le voile avaient encore plus envie de susciter le désir chez les hommes... c'est de la malhonnêteté que de dire ça. pour elle une femme voilée sait qu'elle est un organe génital ambulant ! Rolling Eyes je ne pense pas que ma chère grand-mère porte le voile pour exciter les hommes. c'est une aberration.
ce n'est pas en tenant ce genre de discours qu'elle fera réfléchir les musulmanes qui ont fait ce choix. c'est mon humble avis. sur le plateau d'Ardisson elle a même été plus loin en disant qu'une femme voilée avait plus de chance d'attirer l'oeil dans le métro qu'une femme en jupe...les seules fois où je me suis prise une main au c** je n'étais pas voilée que je sache. c'est dingue de faire autant de généralités. dommage car elle n'écrit pas trop mal.
voilà ce que j'en pense ! fleur



Lilidjan
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Mer 19 Mar, 2008 9:01 pm    

Je ne suis pas sûre qu'elle ait fait des généralités car c'est un bouquin extrêmement personnel et je crois vraiment que c'est ce qu'elle a ressenti;
En tout cas je la trouve intéressante; allez je t'offre la Muette pour Eyd! kiss



Bahareh
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Messages: 3458

Mer 19 Mar, 2008 9:04 pm    

malheureusement elle en a fait Lilidjan car elle ne parle pas que de son expérience mais aussi de ce que représente le voile pour elle.
merci pour ton cadeau ! kiss



Maryam
Modérateur
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Inscrit le: 02 Jan 2007
Messages: 5197

Mer 19 Mar, 2008 10:00 pm    

J'ai aimé malgré le grand nombre de critiques négatives.
Lilidjan a raison en disant qu'il s'agit d'un pamphet. L'auteure avait des comptes à régler et elle n'a pas écrit de manière impartiale.
J'aime pourtant ce genre d'oeuvre de jeunesse. Pas de compromis, ni réflexion historique.
Un régime politique qui infériorise les femmes ne peut s'attendre qu'à ce genre de texte.



Bahareh
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Inscrit le: 19 Mar 2007
Messages: 3458

Jeu 20 Mar, 2008 8:26 am    

A sa place voilà ce que j'aurais dit du voile :
c'est un moyen pour les hommes de se rassurer car bizarrement même si les musulmans aiment à dire que les hommes ont plus de pulsions sexuelles que les femmes ils ressentent tout de même le besoin de faire en sorte qu'elles n'aillent par voir le loup ailleurs !!!!
c'est pour cela que l'excision existe par exemple. je prends cet exemple tout en ayant conscience que ça ne concerne pas l'islam svp ne m'agressez pas... les hommes enlèvent le plaisir aux femmes excisées car ils n'ont pas confiance en eux-mêmes. j'entends beaucoup de personnes blâmer les femmes elles-mêmes en disant que ce sont les femmes qui pratiquent ces mutilations et non les hommes qui soit-disant ne s'en occupent pas. maintenant ça va être la faute des femmes si l'excision existe !
en lisant Bas les voiles j'ai eu le même malaise car Chahdortt s'en prend presque plus aux femmes qui se voilent qu'aux hommes qui les y soumettent... elle dit plusieurs fois qu'elles sont fières de leur vertu qu'elles exibent comme un trophée avec le voile... elle oublie de préciser que c'est à cause des hommes qu'elles ressentent le besoin de se protéger derrière ce voile. c'est normal que dans une société machiste les femmes veuillent se protéger en montrant qu'elles sont vertueuses. elles veulent surtout qu'on leur foutte la paix ! les femmes arrêteront de porter le voile lorsque les hommes accepteront qu'elles sont leur égal. pourquoi un homme ne se cache pas aux yeux d'une femme ? car ces salauds pensent qu'une femme n'a pas autant de désir sexuel. si ça les rassure tant mieux. c'est plus ça que j'aurais voulu lire et non une attaque envers les femmes musulmanes...
je ne sais pas si j'ai réussi à m'exprimer correctement...



Azadeh
posteur accro
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Inscrit le: 09 Nov 2005
Messages: 1665

Jeu 20 Mar, 2008 10:06 am    

Noushin a écrit:
Je n'ai pas lu ses livres et c'est pas bien de critiquer qqn sans connaitre ses idées , mais j'ai vu quelqus un de ses interveiws et je peux dire qu'elle m'énerve ! Mad


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Bahareh a écrit:
Lilidjan je trouve qu'elle a un avis trop tranché et catégorique. si les choses étaient aussi simples et bien ça se saurait...
ce qui m'a embêté c'est qu'elle dise que les femmes qui portent le voile avaient encore plus envie de susciter le désir chez les hommes... c'est de la malhonnêteté que de dire ça. pour elle une femme voilée sait qu'elle est un organe génital ambulant ! je ne pense pas que ma chère grand-mère porte le voile pour exciter les hommes. c'est une aberration.
ce n'est pas en tenant ce genre de discours qu'elle fera réfléchir les musulmanes qui ont fait ce choix. c'est mon humble avis. sur le plateau d'Ardisson elle a même été plus loin en disant qu'une femme voilée avait plus de chance d'attirer l'oeil dans le métro qu'une femme en jupe...les seules fois où je me suis prise une main au c** je n'étais pas voilée que je sache. c'est dingue de faire autant de généralités. dommage car elle n'écrit pas trop mal.
voilà ce que j'en pense !


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Setareh_Dombale_Dar
Modérateur
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Inscrit le: 20 Mar 2006
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Localisation: Lyon

Jeu 20 Mar, 2008 11:02 am    

Je ne connais pas le roman "Bas les voiles", mais "la muette" m'intrigue, et ce court extrait m'a donné envie de me le procurer pour le lire.

Mais ce récit écrit sous la forme du journal d'une condamné est il totalement sorti de son imagination ou bien est-ce inspiré du vécu (de l'auteur, d'un de ses proches) ?



Bahareh
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Inscrit le: 19 Mar 2007
Messages: 3458

Jeu 20 Mar, 2008 1:17 pm    

c'est une pure fiction inspirée de beaucoup de faits divers je pense. fleur


Shouka
posteur habitué
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Inscrit le: 06 Fév 2007
Messages: 148

Dim 23 Mar, 2008 4:45 pm    

moi aussi elle menerve ...
sinon le passage avec la cigarette et le poker dans les films americains je le trouve mal place: lol ; je c pa pourquoi mais ca a tout casse pour moi quand je lisais cet extrait ; je sais pas si cette fille que shahdokht veut montrer comme venant d'un quartier pauvre ; avec des gens pauvres ; pas instruits et souvent drogues ; , voit ce genre de films ? Very Happy si oui tant mieux mais c'etait un peu bizarre





 

 
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