Doni
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| Jeu 19 Juin, 2008 4:38 pm Le parlement Existe en IRan !!!!!!! |
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CI n° 920 - 19 juin 2008
Moyen-Orient
IRAN • Le Parlement sort de sa léthargie
L’économie iranienne s’essouffle, l’inflation est forte et les prix des denrées alimentaires s’envolent. Aussi les députés commencent-ils à donner de la voix face au gouvernement du président Ahmadinejad.
A peine le nouveau Parlement iranien a-t-il commencé à siéger que la lune de miel avec le gouvernement a déjà un goût amer. Le mardi 10 juin, les députés du Majlis [élus les 14 mars et 21 avril derniers] ont épluché un projet de loi présenté par Mohammed Reza Bahonar, premier adjoint du président du Parlement. Ce projet est d’un niveau de priorité très urgent, puisqu’il vise à répondre aux problèmes de pénuries causées par la sécheresse qui a frappé le pays cette année et par la hausse des prix alimentaires mondiaux. Mais, malgré ce niveau élevé d’urgence, il n’a pas reçu un très bon accueil.
Pour commencer, la forme sous laquelle le projet leur a été présenté a contribué à alimenter la méfiance des députés. Ceux-ci ont décidé de rejeter la proposition du gouvernement, car ce dernier a omis de leur soumettre la totalité des éléments ayant servi à élaborer le projet de loi. De ce fait, le président du Parlement, Ali Laridjani, a rappelé aux représentants du gouvernement qu’il n’était plus possible de demander aux parlementaires de voter des lois sans leur donner toutes les précisions nécessaires : en l’occurrence, les annexes avec les graphiques et les courbes expliquant pourquoi le gouvernement avait besoin de prélever 45 000 milliards de rials [3,15 milliards d’euros] sur les comptes libellés en devises pour subventionner différents secteurs de l’économie.
La production de riz et de blé est loin d’être suffisante
Le député Mohammed Dekhan conteste : “Le gouvernement a affirmé vouloir prélever l’équivalent de 45 000 milliards de rials des réserves en devises, mais sans expliquer pourquoi il ne puiserait pas plutôt cet argent en se servant dans les réserves libellées en monnaie locale et dédiées au plan de développement économique quinquennal. [Depuis les années 1990, l’économie iranienne fonctionne sur la base de plans quinquennaux de développement économique, social et culturel. Le IVe plan en cours s’étale de mars 2005 à mars 2010.] Pourquoi voterai-je cela ? De plus, nous craignons qu’en injectant cet argent dans le circuit monétaire on n’augmente l’inflation [25,3 % selon les derniers chiffres officiels].”
Selon les déclarations du ministre du Commerce, M. Mirkazemi, le gouvernement a besoin de cet argent pour importer des biens de consommation de base afin de compenser les pénuries et de dédommager les agriculteurs pénalisés par la sécheresse, particulièrement sévère cette année. Selon lui, si cet argent est pris dans le fonds d’épargne de devises étrangères, il n’y aura pas de dérives inflationnistes. En revanche, ce serait le cas si le gouvernement prélevait cet argent directement en monnaie locale sur le budget du plan quinquennal. Selon les prévisions, 5,1 millions de tonnes de riz devraient être consommées cette année [selon le calendrier iranien, qui va de mars à mars]. Or la production iranienne est loin d’être suffisante, et près de 2 millions de tonnes devront être importées. Selon le dernier rapport de la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture], le prix des denrées alimentaires sur le marché mondial a augmenté de 420 %. Il faudra donc débloquer des ressources pour importer au moins autant que les autres années.
Autre exemple, la consommation iranienne de blé devrait, quant à elle, être de 11 millions de tonnes ; or l’Iran ne produit que 6 millions de tonnes. Donc 5 millions devront être importées, soit 39 000 milliards de rials [2,73 milliards d’euros]. De plus, pour remédier à la baisse du pouvoir d’achat des Iraniens, il faudra distribuer des coupons de riz, de sucre et d’huile. A cette fin, le gouvernement aura besoin de 2 500 milliards de rials [0,18 milliard d’euros].
Les députés sont d’autant plus frileux pour débloquer de l’argent supplémentaire que les perspectives économiques de l’année ne sont pas bonnes. Même les meilleurs économistes ne parviennent pas à comprendre ni à expliquer la ligne directrice de la politique économique iranienne. Le gouvernement réalise qu’il faut rendre des comptes aux élus du peuple. |
Ehssan Mehrabi
Etemad-e Melli
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Où est l’argent du pétrole ?
“Un jour, on craint de manquer de poulet, un autre jour de riz, après de détergent et maintenant de thé. Ces pénuries sont dues à la hausse des prix alimentaires au niveau mondial, et aussi au manque de prévision et d’organisation des autorités économiques du pays”, souligne Aftab. “Le taux d’inflation – qui atteint 25,3 % – est bien supérieur à ce que les autorités avaient anticipé [17 %]. Non seulement le gouvernement n’a pas mis l’argent du pétrole sur la table des Iraniens [argument de la campagne présidentielle de Mahmoud Ahmadinejad], mais les gens sont de plus en plus pauvres et l’écart se creuse entre les différentes couches de la société. Plus l’écart est grand entre le prix du pétrole et le niveau de vie du peuple, plus l’incompréhension s’installe entre celui-ci et le gouvernement.” |
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