Ghermez
posteur acharné

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| Jeu 03 Juil, 2008 10:52 am Hallaj Poète et philosophe perse |
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Poète et philosophe perse, Hallaj est sans doute l'un des plus célèbres mystiques de tous les temps pour le monde islamique, bien qu'il soit presque totalement inconnu en Occident. Né à Tur (Iran) en 857, il reçoit une éducation coranique en langue arabe, ses parents s'étant installés en Irak. Dès l'adolescence, il est extrêmement pieux et connaît des épisodes extatiques qui provoquent l'admiration et la crainte. À vingt ans, il entre dans une communauté soufie à Bassora et devient moine, consacrant - bien que cela ne l'empêche pas de se marier et d'avoir des enfants sa vie à Dieu, à la méditation et à la prière. Poèmes et oraisons ponctuent son itinéraire spirituel.
Toujours vêtu de noir, montrant l'exemple du dépouillement, de l'ascèse et de la rigueur morale,Hallaj entreprend son premier pèlerinage à La Mecque. Sa présence près de la Kaaba va exacerber encore son mysticisme et son intransigeance. Pendant une année entière, il restera, dit-on, assis sur le parvis du lieu saint, pratiquant le jeûne et la prière, sorte de reproche vivant - ou de modèle - pour les croyants dont il estime la dévotion superficielle ou insuffisante.
Hallaj prêche, rassemble des fidèles au cours de périples qui vont le mener jusqu'au Khorasan, en Inde et au Turkestan.
Mais son exaltation, les sacrifices qu'il s'inflige, cette folie de Dieu qui l'habite le signalent à la vindicte des autorités religieuses. Dès son retour à Baghdad, les chiites l'accusent de sorcellerie, les soufis le rejettent, lui qui a osé quitter leur confrérie.
Hallaj est emprisonné et condamné à mort. Il réchappe une première fois à la sentence grâce à des adeptes influents, mais quelques mois plus tard, jugé fou et hérétique, mais sans doute trop populaire, Hallaj est exécuté par décapitation en 922, à Baghdad.
quelques citations :
Ote tes sandales ! en vérité, tu es dans la vallée sainte du Tuwa " (Coran 20,12)
[Commentaires de Hallaj] : " Or la Réalité est Réalité, et la nature est créée. Rejette donc loin de toi la nature créée, pour que toi tu deviennes lui, et lui toi, dans la Réalité ".
Et maintenant je suis Toi-même, Ton existence c'est la mienne, et c'est aussi mon vouloir.
Où donc est Ton essence, hors de moi, pour que j' y voie clair?
Mais déjà mon essence s'élucide, au point qu'elle n'a plus de lieu.
Ah !", est-ce moi, est-ce Toi ? Cela ferait deux dieux. Loin de moi, loin de moi la pensée d'affirmer "deux"!
Je suis devenu Celui que j'aime, et Celui que j'aime est devenu moi ! Nous sommes deux esprits, infondus en un (seul) corps !
Aussi, me voir, c'est Le voir, et Le voir, c'est nous voir.
Que l'on Te touche, on me touche; ainsi, Toi, c'est moi, plus de séparation.
Ton Esprit s'est emmêlé à mon esprit, comme l'ambre s'allie au musc odorant.
Les états d'extase divine, c'est Dieu qui les provoque tout entiers, quoique la sagacité des maîtres défaille à le comprendre. L'extase c'est une incitation, puis un regard [de Dieu] qui croit et flambe dans les consciences. Lorsque Dieu vient l'habiter aussi, la conscience double d'acuité, et trois phases s'offrent alors aux voyants :
Celle où la conscience est encore extérieure à l'essence de l'extase,
Celle où elle devient spectatrice étonnée,
Celle où la ligature du sommet de la conscience s'opère,
elle se tourne alors vers une face dont le regard la ravit à tout autre spectacle.
Ce qui compte pour l'extatique,
c'est que l'unique le réduise à l'unité.
Il n'y a plus entre moi et Dieu d'explication,
ni preuve, ni signes pour me convaincre.
Voici que s'irradie l'apparition de Dieu, flamboyante,
Qui resplendit en son scintillement souverain. […]
Telle est mon existence (2), et mon évidence, et ma conviction,
telle est l'unification (divine) de ma proclamation de son Unité et de ma foi !
Ne le connaît que celui auquel il s'est fait connaître, et ne proclame son unité que celui auquel il l'a découverte ; et ne croit en lui que celui auquel il a donné de croire, et ne le décrit que celui en l'intime duquel il s'est révélé ; et n'est sincère avec lui que celui qu'il attire, et n'est en droit rapport avec lui, que celui qu'il s'est pour lui même choisi.
C'est Dieu qui interrompt par son irradiation, les élus du paradis dans leur jouissance du paradis. Il les ravit hors d'elle par son irradiation, pour que ce plaisir créé ne dure pas, et que l'ennui ne les prenne pas ; c'est leur retour à eux mêmes, succédant à l'irradiation de Dieu pour eux, qui répand sur eux la jouissance, car en Dieu on ne peut prendre jouissance.
Entre toi et moi, il y a un " c'est moi " qui me tourmente,
Ah ! Enlève par ton " c'est Moi ", mon " c'est moi " hors d'entre nous deux.
Celui qui ayant soif de Dieu, prend sa raison pour guide, elle le mène [paître dans une perplexité où elle le laisse s'agiter]. Ses états de conscience s'y fanent dans l'équivoque, et il se dit perplexe : Existe t'il ?
L'aspect apparent des êtres créés est connaissable de soi, car l'intelligence a prise sur lui, mais la vérité suprême est trop puissante pour céder à l'emprise des intelligences sur elle, et c'est Dieu même qui nous fait connaître qu'il est notre Seigneur […]
Il se tient éloigné des intelligences, et est infiniment élevé au-dessus de toute atteinte .
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